21.11.2008

Jugements

Bonjour,

C'est l'info de la semaine.
Ca y est: La valse des procès et jugements a commencée.  

Le Tribunal de Commerce s'est prononcé en référé sur les deux premiers recours introduits.

Le cabinet Modrikamen qui demandait l'annulation pure et simple de la vente de Fortis Banque à BNP Paribas a été débouté sur le fond, mais a obtenu la nomination d'un collège d'experts chargés d'étudier le prix et les conditions de cette vente.

La Juge De Tandt a mis en avant l'impérieuse nécessité de prendre des mesures afin de sauver l'épargne, l'emploi et l'économie belge.  

Avant de donner mon avis, permettez-moi de rappeler pour la nième fois que à titre personnel -- et comme c'est le cas d'une grande majorité de mes collègues chez Fortis -- , je suis tout à la fois employé, épargnant et actionnaire de longue date du Holding.  Donc, je me retrouve comme beaucoup dans une situation un peu schizophrénique où, sur les différents plans, j'ai parfois des intérêts divergents.

S'il est vrai que je perds quelques milliers d'euros sur mes actions Fortis et que ca fait toujours très mal au ventre, il faut mettre en balance tous les aspects: vaut-il mieux perdre une part même significative de son "épargne-pour-les-vieux-jours" ou perdre immédiatement son emploi dans un contexte de début de crise où les postes vacants se font rares ?

J'ai choisi de privilégier mon emploi, bien entendu.  D'autant plus que, d'une façon qui peut paraître sans doute un peu curieuse à certains, je continue à aimer mon job et mon entreprise.  Même si je m'attends à une période de vaches maigres et de couleuvres à avaler....

Partant de ce constat, je ne me suis donc personnellement pas impliqué dans une quelconque action risquant de faire échouer le sauvetage de la Banque ou des Assurances Fortis.   Dans mon post précédent j'évoquais en vrac les possibles conséquences cataclysmiques qui pourrait en découler.

Donc, revenons à nos moutons:

Mon avis est que Maître Modrikamen devrait se trouver déjà fort satisfait du jugement rendu qui accède, me semble-t-il au point le plus important: déterminer si le prix payé par BNP est juste ou pas.

Mais bien sûr, la médiatisation à outrance de son action, y compris des honoraires perçus -- à juste titre ou non, je ne me prononcerai pas là-dessus -- l'accule maintenant à ne pas laisser tomber les bras.   Avec tous les regards braqués sur lui, il n'a pas eu d'autre choix que de se pourvoir en appel.  L'aurait-il fait dans un autre contexte, dans un cadre moins "visible" ?  

Deminor a également été débouté, mais a carrémment reçu une claque.  Il est mis en avant que Deminor a acheté des actions Fortis juste dans le but de pouvoir introduire des actions en justice.  Ils ont donc ainsi créé un litige artificiel.  Je suis assez d'accord avec cette vision du Tribunal : c'est de l'opportunisme, ni plus ni moins.

De plus, il me semble que Deminor a fait preuve d'un amateurisme pour le moins consternant: ils achètent, après le démantelement, des actions de Fortis Holding, et ensuite, attaquent Fortis Banque , alors que pourtant, maintenant, à peu près toute la Belgique a compris que cela n'avait plus rien à voir.   C'est un peu comme si vous déteniez des actions Colruyt et que vous demandiez la nomination d'un administrateur au sein de Delhaize....  

Il reste, de-ci de-là, quelques actions menées par des associations de fait.

En ordre dispersé, et bien souvent uniquement guidées par la colère d'avoir perdu de l'argent -- bien compréhensible, je le répète --, ces associations adoptent souvent une vision quelque peu biaisée du dossier.

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Une information circule en ce moment au sein des bureaux de Fortis.

Chaque membre du personnel possède un badge d'accès aux couleurs bien reconnaissables pour entrer dans son bâtiment.  Bien souvent, on accroche ce badge à notre chemise ou notre ceinture pour l'avoir toujours sous la main.

Parfois, en fin de journée, on oublie tout simplement de le remettre en poche, et on se balade donc en arborant de façon visible les couleurs de Fortis.

En temps normaux, cela ne gêne personne, car nous sommes même plutôt fiers de travailler pour cette grande marque.

Néanmoins, il semblerait qu'à présent, cela ne serait plus sans danger.

L'information qui circule est qu'un PFB avec son badge visible aurait été agressé physiquement sur la voie publique pour la seule raison qu'il travaillait chez Fortis.

Lamentable fait divers, mais qui contribue à renforcer encore le malaise et le stress en nos rangs.

Chers collègues, soyez donc prudents, et lorsque vous quittez les bureaux ou agences: pour votre sécurité, rangez votre badge hors de vue

(Note: Par manque de temps, je n'arrive malheureusement pas à écrire sur ce blog tout ce que j'ai envie de partager. Il est de nombreux sujets que je souhaiterais encore aborder.  Je fais de mon mieux, et ca viendra, mais à petites doses.  D'autres part, je continue à recevoir un abondant courrier et de nombreux témoignages de votre quotidien en agences ou dans les bureaux.   Je lis tous vos mails, parfois avec quelques jours de retard, mais ils me sont précieux pour avoir une idée de la façon dont vous, chers collègues, vivez actuellement les évènements.  Continuez à m'écrire !   Je tente de synthétiser vos avis et vos visions des choses pour tenter d'exprimer au mieux ce que nous ressentons tous actuellement.  N'hésitez pas: vos témoignages resteront toujours anonymes, et constituent une chronique unique sur la vie d'une entreprise hors du commun.)

Bon courage à tous -- avec une petite pensée particulière pour nos collègues de Citigroup qui, à leur tour, vivent des moments difficiles.

 

DERNIERE MINUTE:

La RTBF a programmé un débat sur le dossier Fortis dans son émission "Mise Au Point", ce dimanche 23 novembre à 11h30.
La liste des invités est publiée sur http://www.la1.be/emissions/miseaupoint/index.htm

Sur cette même page, vous pouvez dores et déjà poster vos questions ou vos réactions.

12:39 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note |  Facebook |

11.11.2008

La grande glissade

Bonjour,

Mais qui a donc jeté toutes ces peaux de bananes devant le 16 rue de la Loi ?  Après les attentats pâtissiers, assistera-t-on à une série d'attentats bananiers ?

Plus sérieusement, on peut effectivement se demander quelle mouche a donc piqué nos politiciens pour que l'un après l'autre, ils finissent par déraper verbalement...   Et donc, après Didier Reynders, voici le tour de Yves Leterme.

Je parle bien évidemment de sa sortie sur les conséquences -- selon lui -- possibles d'une annulation de la vente à BNP Paribas: "l'Etat retirera son apport financier et ce sera une bonne nouvelle pour le budget".

Une fois pour toutes, soyons clair:

Il est vrai que si l'Etat n'était pas intervenu, la faillite aurait peut-être menacé Fortis (de même que Dexia, Ethias et peut-être aussi KBC).  Comme je m'évertue à la répéter, une intervention de l'Etat allant dans le sens de

  1. Injection de liquidités en échange d'une prise de participation temporaire dans le capital pour rassurer le personnel,
  2. un relèvement du plafond de garantie de l'épargne pour rassurer les épargnants et
  3. une garantie d'Etat sur les prêts interbancaires envers Fortis pour rassurer les marchés

relevait de l'absolue nécessité.

Or, ces opérations, si elles ont finalement bien eu lieu -- en ordre dispersé -- pour toutes les institutions financières concernées par la crise, se sont vues accompagnées, dans le cas de Fortis uniquement, d'un détricotage de la structure même du groupe.

C'est bien sur l'aspect légal de CE point-là que portent l'essentiel des actions en Justice -- je ne parle pas des actions dirigées à l'encontre de personnes en particulier.

Que Mr Leterme ne feigne pas de ne pas comprendre ce qui dérange autant les actionnaires que le personnel -- dont l'emploi est largement menacé -- : personne ne veut la mise en faillite de Fortis, et celle-ci n'est pas inéluctable.

Pour peu que l'Etat agisse de la même façon pour Fortis que pour les autres institutions en difficultés, le résultat sera le même: les épargnants sont rassurés, l'emploi est sauf, et les actionnaires s'y retrouvent.

Dire que "Si les actionnaires veulent en revenir à cette situation (PFB: juste avant la possible banqueroute), ils devront résoudre le problème eux-mêmes" est tout simplement mensonger, car si l'Etat décide de retirer ses billes et de provoquer la faillite, ce sera de sa seule et unique responsabilité.

Rappelons dans ce cas les conséquences pour les trois catégories de belges concernés:

  • Bloquage des comptes des millions de clients -- électeurs -- qui ne seront plus à même de percevoir leur salaire ou de payer leur facture le temps de percevoir le montant de la garantie de l'Etat
  • Débours de l'ordre de 250 milliards d'Euros -- le montant des dépôts des clients chez Fortis -- que l'Etat devra rembourser aux clients électeurs lésés.
  • Débours de l'ordre de 240 milliards d'Euros supplémentaires en guise de couverture des prêts interbancaires accordés à Fortis, pour lesquels l'Etat s'est porté garant.
  • Perte totale pour les 500.000 belges actionnaires directs de Fortis Holding, et électeurs.
  • Perte indirecte pour les 3 millions de belges -- clients Fortis ou non, mais tous électeurs -- disposant d'une épargne pension
  • Perte indirecte pour des millions d'autres belges -- électeurs -- ayant investis dans des produits divers émis par diverses banques et comprenant en valeurs sous-jacentes des titres Fortis
  • Mise au chômage de l'ensemble du personnel du plus grand employeur privé de Belgique, à savoir 25.000 électeurs -- un tsunami social comme jamais notre pays n'en a connu,
  • Paiement des allocations de chômage de tous ces nouveaux chômeurs-électeurs supplémentaires à charge du budget de l'Etat.
  • Mise en difficulté économique de plusieurs milliers de fournisseurs et sous-traitants dépendant totalement ou en partie des contrats passés avec Fortis, et quelques milliers d'emplois d'électeurs perdus supplémentaires dans ces entreprises-là.

Voilà en bref et en résumé ce qui risque d'être l'état de l'Etat, juste avant les prochaines élections régionales, si Mr Leterme -- ou Mr Reynders, si on se fie à ses propos de la semaine passée -- devaient mettre à exécution les chantages qu'ils exercent sur l'opinion publique et -- plus inquiétant -- sur la Justice.

Je veux croire que ces paroles ne sont que l'expression de la peur quasi panique qui tenaille nos politiciens, car ils savent très bien que leur position est difficilement défendable devant les Tribunaux.

J'ose espérer que d'autre part, les politiques n'oublieront pas de respecter le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, malgré les liens personnels et parfois familiaux dont ils disposent au sein de la Justice.

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Sur l'affaire De Gucht:   J'ignore s'il y a "affaire" ou pas.  Laissons la CBFA et la Justice faire leur travail.  Le délit d'initié est toujours facile à démontrer.  S'il y en a eu, il sera puni.  Sinon, De Gucht sera blanchi.   Point final.

Il ne m'appartient pas de m'exprimer là-dessus, néanmoins, je voudrais juste attirer l'attention sur le fait que Karel De Gucht ne doit pas être l'arbre qui cacherait une forêt.

Si la CBFA veut bien faire son boulot, elle a de quoi s'occuper.

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Les procès à l'encontre des ex-dirigeants:  Il y a certainement aussi certaines suspicions qui doivent être investiguées, mais de grâce, évitons le lynchage.

Je sais que c'est frustrant de se sentir mené en bateau par certaines personnes et de perdre de l'argent à cause de cela -- n'oubliez pas que je suis membre du personnel, client et actionnaire.

Mais d'autre part, il ne sert vraiment à rien de s'acharner sur l'une ou l'autre personne en particulier.   Il y a certes des responsabilités à dégager, mais elles sont collectives.

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Concernant les pratiques de certains bureaux d'avocats, Didier Reynders regagne un point dans mon estime lorsqu'il pointe du doigt à la RTBF les méthodes de certains d'entre eux qui "collectent d'abord des fonds avant d'aller défendre leurs clients".

Je me pose effectivement aussi la question de la déontologie dans cette façon de procéder pour le moins curieuse.

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Enfin, un dernier petit mot, sur la lettre ouverte lancée par des membres du personnel, ou prétendue telle.

D'abord, sachez que je n'y suis pour rien.  L'initiative ne vient pas de moi.  Je voulais faire cette mise au point car j'ai reçu pas mal d'e-mails sur la question.

On m'a demandé, comme à tout le monde, de la signer.  Je ne l'ai pas fait.  Car, en mon âme et conscience, cela sent la manipulation à plein nez.

Relisez mes écrits depuis la création de ce "blog".  Je m'y suis présenté comme un employé, loyal envers son entreprise, mais je me suis toujours refusé à pratiquer la langue de bois.

Or, quand on lit cette Lettre Ouverte, on entend presque chanter les petits oiseaux.  Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.  Au mieux, c'est vraiment une vision très naïve de la situation.  Au pire, la manipulation la plus crasse.

Il suffit de constater que cette lettre ouverte a été publiée sur un site officiel de Fortis, et de savoir que la communication externe de Fortis est -- déjà -- entièrement supervisée par BNP Paribas depuis Paris.

Quand en plus on voit que tout le personnel a reçu cette lettre avec la suggestion explicite de la signer, via la voie hiérarchique et qu'elle émane des plus hauts niveaux de la Banque.... il suffit de faire 1 + 1 pour se forger une opinion.

Le personnel en agence est sur les rotules: les clients qui viennent leur apporter des pralines avec un petit mot de soutient sont bien moins nombreux que les clients petits actionnaires parfois hargneux qui rejetent sur leur guichetier toute leur colère et les tiennent pour responsables de tout ce qui arrive -- ce qu'ils ne sont évidemment pas.

Le personnel administratif est sur les rotules aussi, car malgré les discours rassurants de certains syndicats et des ressources humaines, ils savent bien que de nombreux emplois sont menacés et que les départs naturels ne suffiront sans doute pas.

Les clients ne s'y retrouvent plus non plus quand ils entendent Didier Reynders et Yves Leterme brandir à nouveau le spectre -- bien artificiel -- d'une faillite pourtant tout à fait écartée.   Là, nos ministres portent la responsabilité directe de cette nouvelle vague d'inquiétude pourtant sans fondement.   Ils jouent là un jeu réellement dangereux dont ils ne semblent même plus mesurer eux-mêmes toutes les implications possibles.

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Sont-ce les feuilles mortes et la pluie qui rendent le terrain de la communication aussi glissant ?

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je trouve qu'il est grand temps que tous, ministres, avocats, actionnaires en colère et même certains journalistes se ressaisissent et tentent pour le mieux d'éviter d'autres dérapages.

Je laisse le mot de la fin à un(e) collègue en agence qui m'a envoyé ce très émouvant témoignage dont voici un large extrait:

Cher collègue,

Ce lundi a été la journée de toutes les angoisses en agence. Je ne sais plus ce qu'il faut répondre aux clients et les questions fusent...

(...)

Certains de mes collègues et moi-même, avec un cœur gros comme une patate, avons sauvé "les meubles". Je crois que les propos assassins de ces petits ministres vont nous conduire droit à une vraie faillite si l'on ne corrige pas le tir très rapidement. Mais comment ? Prions pour nos emplois et pour ceux qui nous ont fait confiance. J'ai vraiment peur.

 

Bon congé.

 

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Leterme met les actionnaires au pied du mur

Leterme met les actionnaires de Fortis au pied du mur

BELGA

Mis en ligne le 08/11/2008

Pour Yves Leterme, si le tribunal déclare la vente illégale, "l'Etat retirera son apport financier et ce sera une bonne nouvelle pour le budget".

Le premier ministre Yves Leterme a réagi sèchement aux critiques et démarches judiciaires entreprises par les actionnaires de Fortis, laissant entendre que l'Etat pourrait retirer ses billes si l'issue de la procédure intentée débouche sur une annulation de l'opération. "Fortis était à deux millimètres de la banqueroute. Si les actionnaires veulent en revenir à cette situation, ils devront résoudre le problème eux-mêmes", a-t-il déclaré dans une interview parue samedi dans le quotidien flamand "Het Laatste Nieuws".

La vente de Fortis à la banque BNP Paribas est illégale, parce qu'une telle décision revient aux actionnaires, a estimé le ministère public dans le cade de l'examen du recours d'une série d'actionnaires contre la décision prise dans la foulée d'un accord conclu par le gouvernement avec les Français.

Pour Yves Leterme, si le tribunal déclare la vente illégale, "l'Etat retirera son apport financier et ce sera une bonne nouvelle pour le budget". "Si nous n'avions rien fait, la valeur de l'action de Fortis ne vaudrait aujourd'hui plus un centime", a commenté Yves Leterme. A ses yeux, "les actionnaires de Fortis qui se plaignent maintenant, oublient un peu trop vite qu'ils portent aussi une responsabilité dans la genèse des événements. Ils font partie de l'assemblée générale qui a approuvé à 98 pc la reprise de la banque néerlandaise ABN. Lorsque tout cela sera passé, nous devrons réfléchir à la position et au pouvoir des petits actionnaires", a encore dit le Premier ministre.

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Lettre Ouverte du personnel

Chez Fortis, le débat est ouvert

P.-F.L.

Mis en ligne le 08/11/2008

Une "lettre ouverte", lancée par des membres du personnel, a recueilli plus de 6 000 signatures. Mais elle est loin de convaincre tout le monde.

Ils sont onze, tous membres de Fortis Banque. De retour du congé de la Toussaint, en début de semaine, ils se retrouvent avec une même impression: "leur" entreprise n’en finit plus de prendre des coups dans la figure. Dans la presse, ce sont encore et toujours les mêmes commentaires négatifs. C’en est trop! "Nous avions tous le même sentiment d’un fossé énorme entre l’image véhiculée dans l’opinion publique et la réalité des 25 000 collaborateurs du groupe. L’idée a alors été lancée de rédiger une lettre ouverte", expliquait vendredi à "La Libre" l’une des chevilles ouvrières de l’initiative.

Intitulée "En avant, pour vous et avec vous!", ladite lettre est lancée au sein de Fortis Banque le jeudi matin. "Ce vendredi soir, nous en étions déjà à plus de 6 400 signatures (NdlR: Fortis compte 25 000 collaborateurs en Belgique)" , se félicitait notre interlocuteur, rejetant au passage l’accusation d’une initiative "téléguidée" par le département communication ou ressources humaines du groupe. "C’est une démarche spontanée de gens qui estiment qu’ils méritent mieux que ce qu’on peut dire ou écrire à l’extérieur sur Fortis".

Le contenu et le ton de la "lettre ouverte" relèvent du plaidoyer à destination des clients de Fortis. Abattus par les événements, le personnel de Fortis? "Rien n’est moins vrai, peut-on lire dans la missive. Evidemment, personne ne va nier qu’il y a un malaise. Mais si vous pensez que nous perdons courage, vous nous connaissez mal". Plus loin, commentant les changements à venir sous l’égide de BNP Paribas, les auteurs assurent qu’ils continueront à servir les clients de Fortis "au mieux". Et d’ajouter: "Nous sommes plus motivés que jamais"

Malaise et colère

Le succès de la démarche ne doit pas cacher le malaise né chez de nombreux collaborateurs du groupe. "Rien n’est faux dans cette lettre ouverte, mais elle ne donne qu’une face de la médaille. Il aurait fallu dire toute la vérité", réagit un cadre. Beaucoup sont en effet ceux qui n’avalent pas la façon dont des (ex-) membres du management sont parvenus "à foutre par terre" une banque à laquelle "99 pc du personnel ont tout donné".

Après les Votron, Lippens ou autre Verwilst, la colère de nombreux employés de Fortis semblent désormais se cristalliser sur la personne de Filip Dierckx. Ce dernier, rescapé de l’ex-haute direction de Fortis, a été adoubé cette semaine par les Français de BNP Paribas. Il fera office de numéro2 du nouvel édifice bancaire belgo-français (M.Bonnafé, directeur général délégué de BNP Paribas, occupant le poste de numéro1). Et cela, chez Fortis, certains ne l’acceptent pas.

 

 

 

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07.11.2008

Actionnaires et détails

Bonjour,

J'ai reçu du courrier angoissé : il est vrai que cela fait un petit moment que je n'ai plus rien écrit, mais rassurez-vous, il ne m'est rien arrivé, je suis toujours là.

Je ne suis pas resté inactif non plus durant ces deux semaines.

J'ai continué à suivre les derniers rebondissements, comme tout le monde, et j'ai continué à glaner des impressions de-ci de-là.

Aujourd'hui, je voudrais rétablir une évidence que pourtant beaucoup de gens semblent avoir oublié.

On parle souvent du petit actionnariat de Fortis comme étant constitué de 500.000 belges, spéculateurs et fourbes.

Il y a trois éléments de faux dans cette affirmation:

  • Tout d'abord, le petit actionnaire n'est ni spéculateur, ni fourbe.  On le dit un peu partout: l'action Fortis était un placement de bon père de famille -- quoiqu'on puisse en dire -- et en détenir n'a rien de honteux ni de répréhensible.
  • Ensuite, ce ne sont pas 500.000 actionnaires de Fortis que compte notre pays, mais bien plus !  

Outre les actionnaires "directs" qui détiennent effectivement des actions de Fortis, il y a aussi les centaines de milliers, voire les millions de belges qui ont constitué une épargne-pension, dans n'importe quelle banque du pays.  Ces épargnes pension sont investies dans des fonds qui investissent une bonne part en valeurs belges -- c'est une obligation légale pour les gestionnaires de ces fonds -- et donc automatiqueent dans les valeurs du Bel-20.  Et donc, directement, dans l'action Fortis.

Ensuite, il y aussi tous les produits de placements en assurances dont les résultats financiers sont dépendants de placements sous-jacents, dont des placements en actions. 

Même les participations bénéficiaires des assurances-vie -- quelle que soit la compagnie d'assurances -- peuvent, d'une certaine manière, contenir une petite portion d'actions Fortis.   Vous n'avez pas d'assurance-vie ?  En êtes-vous bien sûr ?  Le capital restant à rembourser de votre prêt hypothécaire est pourtant garanti par une telle assurance....

Vous n'avez pas de prêt hypothécaire non plus ?   Non, mais vous disposez peut-être d'une assurance-groupe...  Et là aussi...

Enfin bref, à la grosse louche, on pourrait presque dire que 80 % de la population belge -- j'avance ce chiffre comme cela, simplement parce qu'il me paraît très réaliste -- détient, d'une façon ou d'une autre, une petite part de Fortis.

Partant de là, vous comprendrez que je suis parfois amusé par les commentaires des dizaines de "spécialistes" ou prétendus tels qui polluent les forums des quotidiens de commentaires douteux -- pour le mieux -- ou tendancieux.

Voilà donc autant de personnes, de citoyens, de contribuables et d'électeurs très concernés par l'opération en cours sur Fortis.

 

Dans un prochain billet, je vous parlerai de quelques nouveaux contacts que j'ai pu nouer avec des personnes particulièrement bien informées.   J'ignore encore quand j'aurai le temps de le publier, mais si vous vous liez au flux RSS de ce site, vous serez averti automatiquement des nouvelles publications.

D'ici là, passez tous et toutes, collègues ou clients, un bon week-end.

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24.10.2008

Reynders: "L'actionnaire doit assumer les risques"

Reynders : «L’actionnaire doit assumer les risques»

Didier Reynders, ministre des Finances

Didier Reynders se défend dans le dossier Fortis. Il souligne qu'il a voulu protéger les épargnants «bon père de famille», pas le spéculateur. Des épargnants qui n’ont pas mesuré que, lorsqu’on achète des actions, il y a toujours un risque.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Didier Reynders se défend dans le dossier Fortis.

Les actionnaires de Fortis se sentent aujourd’hui trompés.

Nous avons mis en place un mécanisme de participation aux résultats (de BNP Paribas) pour les actionnaires de Fortis. Certains actionnaires soulignent que ce n’est pas suffisant. Mais, normalement, un actionnaire dans une entreprise sait qu’il prend un risque. Aucun actionnaire n’est venu me trouver quand le Bel 20 était à 4 700 points pour me dire qu’il gagnait trop d’argent. Les communes qui touchaient un dividende de 10 % chez Dexia ne sont pas davantage venues se plaindre.
Avec ce mécanisme (de coupon spécial), j’ai voulu aider les épargnants. Ces épargnants qui ont acheté des actions Fortis comme on achetait anciennement des PetroFina, comme des instruments de « bon père de famille ». Des épargnants qui n’ont pas mesuré que lorsqu’on achète des actions, il y a toujours un risque. Risque de gagner beaucoup d’argent, mais aussi d’en perdre. Certains me disent qu’il aurait fallu nationaliser Fortis. La Grande-Bretagne a nationalisé Northern Rock, mais l’actionnaire a tout perdu. Il faut le savoir.

Mais l’actionnaire de Fortis n’a pas eu le temps de se retourner.

Mais c’est bien pour cette raison que j’ai mis en place ce mécanisme qui n’existe dans aucun autre pays. Aucun, j’insiste. L’État néerlandais fait-il quelque chose pour les actionnaires de Fortis ? Rien du tout. L’État belge a pris tout seul le risque. Au-delà du remboursement des prêts, les plus-values de l’État (sur la participation dans BNP Paribas) vont aller aux actionnaires de Fortis. Si je fais cela, c’est pour les « petits porteurs ».
 

Mais certains petits porteurs sont ruinés ou presque…

Il y a des gens qui avaient des actions à 30 euros. Le cours est ensuite tombé à 5 euros. Mais l’État n’est pour rien dans cette chute.
Je vous signale que pour assurer les liquidités de Fortis, l’État a prêté 3 milliards d’euros. Si BNP Paribas a des problèmes, c’est l’État qui prend le bouillon. Si, par contre, il y a des plus-values, nous les rendons aux actionnaires de Fortis. Que voulez-vous que nous fassions en plus ? Ce n’est pas nous qui avions acheté ABN Amro. On m’accuse aussi d’avoir revendu ABN Amro à un cours en dessous de sa valeur. Si quelqu’un croit que ABN vaut encore 24 milliards, il se trompe lourdement. J’entends aujourd’hui que les syndicats de Fortis Nederland demandent une négociation en vue d’un rachat par BNP Paribas. Cela montre que la structure que nous avons mise en place n’est pas si mauvaise.

Mais vous avez fait davantage pour Dexia que pour Fortis.

Non, beaucoup moins. Nous avons mis deux fois 4,7 milliards dans Fortis, auxquels il faut ajouter 2,5 milliards dans les produits structurés, soit 11,9 milliards. Chez Dexia, seulement 1 milliard. Car les actionnaires existants (CDC, Arco, Ethias, Holding Communal), ont mis eux-mêmes 3 milliards. Dans Fortis, il n’y avait rien de tel de la part des actionnaires existants. Et puis, il y avait ce qu’on a découvert dans le groupe Fortis. L’opération ABN Amro était insupportable. Dans un premier temps, nous avons acheté 49 % de la banque, tout comme les Néerlandais et les Luxembourgeois dans leur pays. Mais trois jours après, on a dû constater que la confiance faisait toujours défaut. La BNB a dû garantir jusqu’à 60 milliards de liquidités sur une seule journée. On a alors fait revenir BNP Paribas. Leur deuxième offre était sérieuse. D’ailleurs, 48 heures après l’accord avec BNP Paribas, les besoins en liquidités sont tombés à zéro. L’État devait-il prendre le risque, comme je l’entends, de mettre 30 milliards dans le groupe et d’assurer en outre les liquidités ? Je suis quand même responsable du contribuable. C’était totalement impossible. Je me demande surtout si tous les actionnaires ont été informés correctement par le groupe Fortis, par leur banquier, par leur agent de change des risques liés au rachat d’ABN Amro par Fortis ? Je ne le crois pas. D’où cette volonté de faire la distinction entre ceux qui ont considéré l’action comme une épargne, et qu’on essaie d’aider, et ceux qui ont fait un investissement à risques et qui en subissent les conséquences. Celui qui a acheté le titre à 5 euros devait savoir qu’il y avait des risques. Certains voudraient qu’outre la non-taxation des plus-values boursières, on puisse rembourser les moins-values. Il faut être sérieux.

Que penser des actions des organismes qui prennent la défense des actionnaires ?

Ouvrir un compte pour que les gens paient d’abord des honoraires, et une fois ces honoraires payés, aller en justice, c’est une technique un peu particulière. Mais mon inquiétude est ailleurs. Imaginez que l’on fasse échouer l’opération, que va-t-il se passer ? On va mettre le groupe Fortis en faillite et on va remettre la banque en difficulté. Qu’auront alors gagné les petits actionnaires ?

Propos recueillis par Marc Lambrechts et François Mathieu


00:00 - 24/10/2008 Copyright © L'Echo.be

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Que vaut le coupon Fortis ?

Que vaut le « coupon Fortis » ?

MARC CHARLET

vendredi 24 octobre 2008, 10:35

EN 2014, l'Etat fera un geste pour les actionnaires de Fortis. Mais y aura-t-il quelque chose à distribuer? On peut en douter.

Que vaut le « coupon Fortis » ?

Baudouin Prot. Photo Le Soir / Pierre-Yves Thienpont

L'espoir fait vivre. Le gouvernement belge l'a compris en laissant aux actionnaires de Fortis, dont le titre navigue aujourd'hui sous la barre de l'euro, une raison d'espérer. Cette (hypothétique) lueur dans un ciel plombé s'appelle « coupon 42 », celui-là même qui donnera droit, en 2014, à une éventuelle « rawette » pour les actionnaires particuliers.

Résumons d'abord les épisodes précédents. Dans le cadre du « sauvetage » de Fortis, le gouvernement a acquis 49 % tout d'abord, 100 % ensuite du capital de Fortis Banque Belgique. Cette participation, il en a cédé les trois quarts au groupe bancaire français BNP Paribas. En échange, il n'a pas reçu de monnaie sonnante et trébuchante, mais bien des actions BNP Paribas. Environ 121,5 millions d'actions, soit 11,7 % du capital de la banque.

Bien entendu, cette participation, l'Etat belge ne va pas la conserver indéfiniment. Mais il la gardera au moins cinq ans, en vertu de la convention qu'il a passée avec le groupe bancaire. Dans la perspective esquissée par le gouvernement actuel, elle sera redistribuée aux « petits porteurs » de Fortis, après déduction des frais que l'Etat a exposés pour éteindre l'incendie Fortis.

« Il est normal que l'Etat ne tire pas un bénéfice de cette opération, explique Pierre Wunsch, directeur de la cellule stratégique du cabinet du ministre des Finances (anciennement chef de cabinet). Mais il serait aussi illogique de distribuer quelque chose si l'opération s'avère déficitaire pour l'Etat. »

D'ici à l'assemblée générale de BNP Paribas de mai 2014, qui devra approuver les comptes 2013, cette participation sera logée dans un fonds. En 2014, ce fonds lui aussi publiera son bilan, et le solde positif sera réparti. A combien va s'élever ce solde ? Tentons une simulation, à la grosse louche, sur la base des données fournies par les Finances.

1 Combien l'Etat a-t-il dépensé ? Au passif, on trouve les 9,4 milliards d'euros injectés par l'Etat, que la SFPI (Société fédérale de participations et d'investissements) a empruntés avec la garantie de l'Etat, au taux de 4,11 % (celui des OLO sur cinq ans à la date du 10 octobre 2008), auquel on ajoute 2 % à titre de prime de risque. Cela donne des intérêts annuels de 0,57 milliard d'euros. Soit, après cinq ans et 8 mois, 3,25 milliards d'euros. Total du capital et des intérêts : 12,65 milliards. Il faudra y ajouter l'éventuelle perte supportée par l'Etat en raison de sa participation (24 %) dans le SPV (« special purpose vehicle »), le « panier » dans lequel ont été logés les actifs structurés « douteux » de Fortis (dont BNP détient 10 % et le holding Fortis 66 %). Au stade actuel, aucune indication n'est disponible sur les créances qui pourront être récupérées dans ce SPV et celles qui seront définitivement perdues. Tablons sur une opération blanche, sans pertes ni gains. Le passif est donc fixé à 12,65 milliards.

2 Combien l'Etat va-t-il retoucher ? A l'actif, il y a, bien sûr, les 121 millions d'actions de BNP Paribas. Jeudi soir, à la clôture de la Bourse de Paris, l'action BNP Paribas valait 58,72 euros. Au cabinet de Didier Reynders, on compte sur une hausse annuelle moyenne de 10 %. Cela porterait le titre, en mai 2014, à environ 101 euros. Cela porterait aussi la valeur de la participation de l'Etat à environ 12,3 milliards d'euros. Le fonds va également encaisser les dividendes versés par BNP Paribas. D'ici 2014, et toujours en escomptant, comme le SPF Finances, une hausse annuelle de 10 %, le dividende par action pourrait passer de 3,25 euros (chiffre attendu pour l'exercice 2008) à 5,24 euros (chiffre escompté pour l'exercice 2013 sur la base d'une croissance annuelle de 10 %). Cela donne un total, par action et après déduction de l'impôt, de 18,83 euros. Avec 121,5 millions d'actions, les dividendes encaissés s'élèveraient donc à 2,29 milliards d'euros. Total général de l'actif, en mai 2014 : 14,6 milliards d'euros. Faites le compte : 14,6 milliards d'euros – 12,65 milliards d'euros, reste un solde positif de 1,95 milliard d'euros.

3 Est-ce le « jackpot » ? Rien n'est moins sûr. Les simulations des Finances reposent sur l'hypothèse d'une croissance ininterrompue de 10 % tant du bénéfice que du cours de l'action et ce jusqu'en mai 2014 ? Ce n'est pas impossible, mais est-ce probable ? Les performances de BNP Paribas de 2003 à 2007 dépassent largement ces chiffres. Mais c'était avant la crise qui a frappé de plein fouet un secteur financier qui avait précisément gonflé comme une bulle. Pour certains spécialistes, cet « âge d'or » est révolu. Si l'on tente une comparaison avec les valeurs technologiques, laminées par l'explosion de la « bulle internet » en 2000-2001, on constate que celles-ci ont certes repris du poil de la bête, mais qu'elles ont moins profité que les autres valeurs du redressement des cours à partir de 2003 (l'indice Nasdaq est loin d'avoir retrouvé son niveau record du début du siècle). Il en sera probablement de même pour les banques après cette crise. Les opérations juteuses qui avaient gonflé leurs recettes pendant cette période ne pourront plus être répétées. Et, pour ce qui concerne BNP Paribas, il faut en outre tenir compte de la dilution qu'entraîne l'augmentation du nombre d'actions à la suite de l'attribution de nouvelles parts aux gouvernements belge et uxembourgeois.

Par ailleurs, pour les conjoncturistes, 2009 et 2010 seront « pauvres » sur le plan de la croissance. On serait même très optimiste en tablant, pour les chiffres de BNP Paribas, sur une hausse annuelle moyenne de 7 %. Or, avec cette progression, le cours de l'action atteindrait 86,5 euros en mai 2014, ce qui valorisait la participation de l'Etat dans la banque française, à 10,3 milliards. Et le total des dividendes encaissé atteindrait 2,1 milliards. L'actif du fonds serait dès lors, dans cette hypothèse, de 12,4 milliards d'euros, alors que le passif, lui, serait toujours de 12,65 milliards. Résultat : il n'y aurait rien à distribuer.

« Nous n'avons jamais promis que le solde serait positif, continue Pierre Wunsch. Nous nous sommes basés sur une hypothèse de croissance annuelle de 10 % qui a été formulée par des experts. Et, au moment où les simulations ont été faites, le cours du titre BNP Paribas oscillait autour de 68 euros. »

4 Combien par actionnaire ? Prenons le pari fait le 13 octobre par le gouvernement et gardons comme hypothèse un solde positif de 1,95 milliard d'euros. Notons d'emblée que le capital du holding Fortis est représenté par plus de 2,35 milliards d'actions. Mais cela ne veut pas dire que chaque action donnera droit, via le fameux coupon nº 42, à une part valant environ 0,83 euro.

On le sait, seules les personnes physiques pourront y prétendre et encore devront-elles prouver qu'elles étaient détentrices des titres au 1er juillet 2008. Ce qui peut poser un problème pour les nombreux petits porteurs qui possèdent des titres papier. On ne peut que leur conseiller de rassembler leurs bordereaux d'achat, la preuve de l'encaissement des coupons en mai dernier, etc.

Pour sa part, Fortis a procédé il y a une dizaine de jours au détachement du coupon, qui permet d'apporter la preuve qu'on est toujours détenteur de titres Fortis. Ce coupon, devenu non négociable et indépendant du titre Fortis, sera nécessaire pour faire une déclaration par le biais de leur banque ou auprès d'un point d'enregistrement désigné par le SPF Finances. Selon Pierre Wunsch, cette procédure très complexe ne sera terminée que dans quelques semaines. Ce n'est qu'alors qu'on pourra identifier les demandes valides et le nombre de parts dans le fonds, étant entendu qu'une même personne physique ne pourra introduire une demande pour plus de 5.000 coupons. On pourra alors envisager la cotation en Bourse des parts du fonds.

En tout état de cause, lors de la répartition du fonds, le 1er juillet 2014 en principe, ainsi qu'en a décidé le gouvernement, la valeur d'une part ne pourra excéder 8,96 euros (10 euros – 1,04 euro, soit la moyenne des cours de clôture des cinq premiers jours à partir de la reprise de la cotation le 14 octobre dernier). Fol espoir ?

15:11 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Les pieds dans le plat

Bonjour,

Aujourd'hui, je vais mettre les pieds dans le plat -- politique.
L'Echo d'aujourd'hui consacre sa une à une interview de Didier Reynders, interrogé sur le fond du dossier Fortis.

Certains de ses propos sont tout simplement choquants.

Tout d'abord, je tiens à préciser que je ne suis un gauchiste, ni un lobbyiste à la solde du PS.
Que du contraire: j'aurais même plutôt tendance à plaider pour un libéralisme de bon sens, créateur de richesses, soutenant l'initiative et l'innovation, mais à visage humain.   Tout à fait le genre de libéralisme que l'on ne retrouve plus guère de nos jours...

Ceci étant dit, je bondis quand je lis que Mr Reynders joue à fond la carte du populisme du plus bas étage qui soit.
Bien conscient que par les temps qui courent, le discours ultra-libéral ne passera pas, Mr Reynders ne craint pas d'utiliser des ficelles grosses comme ça pour noyer le poisson, et va, pour ce faire, puiser sans vergogne dans le réservoir d'arguments des anti-libéraux primaires.  Un comble !  Voyez plutôt.


" (...) un actionnaire dans une entreprise sait qu’il prend un risque. Aucun actionnaire n’est venu me trouver quand le Bel 20 était à 4 700 points pour me dire qu’il gagnait trop d’argent."
L'argument de gauche par excellence !
A une différence près: Quand on achète une action d'une société, et que celle-ci part en faillite, cela fait partie du jeu.  C'est ce risque-là qu'on est prêt à assumer.

Quand par contre, on rentre d'un week-end pour trouver sa belle maison expropriée par l'Etat, que l'Etat garde le produit de la vente pour lui, et qu'il se contente de mettre un abri de jardin à la place de votre maison en disant: "Voilà de quoi vous êtes propriétaire maintenant.", ce sont les règles du jeu qui sont enfreintes.  Ni plus ni moins.  Et cela, il faut bien comprendre, que personne n'est prêt à l'accepter sans broncher.   Ce genre de politique, Mr Reynders, est tout juste digne de certains Etats où le libéralisme n'est pas vraiment le courant idéologique dominant -- et c'est un euphémisme.

Et comme je l'écrivais déjà dans un post antérieur, si l'opération devait vraiment se finaliser, comment voudriez-vous encore trouver, de par le monde, le moindre investisseur, privé ou institutionnel, prêt à investir dans notre pays, au risque de se retrouver dépossédé de ses valeurs pendant le week-end ?  C'est tout ce qui reste de l'économie belge que vous mettez ainsi en danger, Mr Reynders !


Autre exemple, à propos des actions intentées en justice: "Imaginez que l’on fasse échouer l’opération, que va-t-il se passer ? On va mettre le groupe Fortis en faillite et on va remettre la banque en difficulté. Qu’auront alors gagné les petits actionnaires ?".
Le chantage à l'emploi n'est pas loin non plus.  Bravo !
C'est d'autant plus faux que, détenant déjà 49.9% du capital avant la revente à BNP, l'Etat ferait tout pour ne pas perdre son propre investissement.  D'où le scénario de la nationalisation temporaire souvent évoqué comme le solution de bon sens -- j'y reviendrai plus bas.

Quant à la question de savoir justement pourquoi l'Etat n'a tout simplement pas gardé plus longtemps sa participation dans Fortis au lieu de brader les actifs à vil prix, c'est d'un revers de la main que l'argument est balayé: "Certains me disent qu’il aurait fallu nationaliser Fortis. La Grande-Bretagne a nationalisé Northern Rock, mais l’actionnaire a tout perdu. Il faut le savoir.".   Oui, peut-être, Mr Reynders, mais ne venez pas me dire que vous ne savez pas que la situation est exactement inverse: Northern Rock a été déclarée en faillite AVANT que l'Etat anglais ne décide de jouer les repreneurs.  Ce n'est justement pas le cas de Fortis, et ce n'est là qu'un argument supplémentaire qui prouve, si besoin en était encore, que la crise aurait vraiment pû être gérée autrement.

Finalement, Mr Reynders, le dispositif de coupon spécial dont vous y êtes si fier ne rapportera sans doute rien aux petits actionnaires que vous prétendez défendre, puisque selon une estimation optimiste publié dans Le Soir d'aujourd'hui, et basée sur les données fournies par le Ministère des Finances himself, on peut au mieux le valoriser à 0.83 EUR !

Pas besoin de grands discours ni de grandes théories pour s'apercevoir que le scénario de la temporisation aurait été celui de tous les gagnants:

  • Nationalisation complète de la société, et apport de garantie sur les dépôts (pour rassurer les épargnants) et les prêts interbancaires (de toute façon acquise depuis lors au niveau européen)
  • Attendre patiemment que l'ouragan passe
  • Dès que les jours meilleurs arrivent, l'Etat revend progressivement sa participation sur la marché, en veillant à réaliser une plus-value raisonnable.
  • Le produit de la vente rembourse le capital emprunté, et la plus-value rembourse les charges d'intérêts.  Le surplus éventuel peut rester dans les caisses de l'Etat et alimenter certaines politiques budgétaires sensibles, telle -- par exemple -- l'alimentation du fonds de vieillissement, le renforcement de la compétitivité de nos entreprises ou des mesures concrètes en faveur du pouvoir d'achat.


Tout le monde y aurait gagné:

  • l'Etat par les plus-values réalisées lors de la revente progressive....
  • ... et donc les contribuables: les plus-values, une fois remboursées les charges d'intérêts, iraient au budget.
  • Le personnel, car finalement, plus aucune menace ne pèserait sur nous
  • Les actionnaires : si le holding n'est pas détricoté, l'action reprend des couleurs.
  • Les clients : au moins, la vision pour eux serait claire.  Avec l'Etat, plus de risque pour leur épargne.
  • Sans oublier que le pays garde son fleuron financier.  Pour notre orgueuil national, et notre image à l'étranger, ca ferait du bien.



De plus en plus, j'en arrive à me dire que le libéralisme que l'on propose dorénavant chez nous ne correspond absolument pas à mes attentes. 
Je ne veux plus d'un libéralisme exclusivement à la solde des plus riches.  Je n'ai pas les moyens de soutenir une telle politique.

Je ne veux plus de cette agressivité permanente, de ce dédain affiché, de cet électoralisme à tout prix, de cette culture du sous-entendu, du double sens, du retournement de veste.  Cela ne correspond pas à l'image que je me fais d'un parti politique respectable.

Et j'ai bien peur qu'aux prochaines élections, je ne sache pas encore pour qui je voterai, mais une chose est sûre: je sais parfaitement bien pour qui je ne voterai plus.

Mais bon voilà: ce n'est que mon avis, et je laisse à chacun sa liberté de faire sa propre analyse.

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L'émission "Mise au Point" de la RTBF de ce dimanche à 11h30 sera consacrée au dossier Fortis.

La liste des invités est disponible sur le site de l'émission. Nul doute qu'il s'y dira des choses très intéressantes.

Je vous retrouve dans le courant de la semaine prochaine.

Et merci pour toutes vos marques de soutien, par vos commentaires ou vos mails.  Vous êtes vraiment fantastiques !  Et ça, c'est pas du pipeau...

Bon week-end.

14:50 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note |  Facebook |

22.10.2008

Un autre regard

Bonjour,

Quand on se lance dans la rédaction d'un blog tel celui-ci, on se demande toujours ce que peuvent en penser les autres collègues.

Vous le savez, j'ai de nombreux contacts au sein de divers départements de Fortis Banque -- puisque pour l'instant, c'est toujours ainsi qu'il faut se dénommer --, et c'est un peu en fonciton des réactions que je peux collecter de-ci de-là que j'écris mes textes, pour tenter de refléter au mieux le "ressenti" du personnel.

Mais ces clichés de l'émotion de l'instant ne sont toujours que des gros plans sur des détails d'une trame beaucoup plus large.

Avec un personnel de 25.000 personnes, vous obtenez forcémment un patchwork d'avis qui ont tous leur petit cachet personnel.

Je suis heureux d'apprendre qu'un autre collègue -- que je ne connais pas personnellement -- a également décidé, le week-end passé, de créer son propre site.

Lui aussi tient à garder son anonymat pour des raisons évidentes d'indépendance, et il a choisi de viser un public plus large en rédigeant son site en anglais.

J'ai pris connaissance de ses avis et opinions, et même si je ne suis pas d'accord sur tout avec lui, je trouve très intéressant de pouvoir, moi aussi, entrer dans le détail de la réflexion d'un collègue.

De plus, il semble avoir des contacts dans des départements où je n'ai pas les miens, et en ce sens, je pense que nos deux sites viennent bien se compléter.

Je vous invite à lui rendre visite sur http://thefortisfall.blogspot.com/

 

Bonne soirée, et à bientôt.

 

18:30 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

21.10.2008

Ode au personnel Fortis

Bonjour,

 

Notre Intranet a diffusé un texte qui a fait sensation au bureau aujourd'hui.

Il s'agit de la traduction en Français d'un texte "Ode aan de Fortis werknemer" publié par le journal flamand De Standaard du 17 octobre.

Ce magnifique texte nous réchauffe vraiment le coeur, et il est criant de vérité.  Il exprime tellement bien ce que beaucoup d'entre nous ressentent qu'il est très étonnant d'apprendre qu'il n'a pas été écrit par un membre du personnel Fortis.

Non.

On le doit à Koen Schoors, Professeur d'économie à Gand.

En notre nom à tous, nous les collaborateurs de Fortis, MERCI, monsieur Schoors pour ce formidable hommage !

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Travailler chez Fortis, ce n’est pas évident.

Vous travaillez depuis une vingtaine d’années dans une agence, un business centre ou un département de crédit, où vous effectuez les opérations bancaires de base : collecter des dépôts, fournir des crédits, gérer les relations clientèle, faire des placements. Vous travaillez dur et votre département engrange des bénéfices.

Vous êtes un employé loyal et vous avez souscrit aux nombreux plans d’actions de la banque et acheté, contre monnaie sonnante et trébuchante, des actions Fortis à un prix présenté comme avantageux. Sur toute la durée de votre carrière, cela représente des milliers, voire des dizaines de milliers d’euros.

Cet investissement constitue l’essentiel de votre épargne mais vous y croyez. Si vous avez grimpé assez haut dans la pyramide des fonctions, vous participez même à un plan d’options, pour lequel vous avez payé des centaines d’euros d’impôt à titre de précompte sur la plus-value future.

Comme vous possédez des actions, vous détenez également un warrant vous permettant de souscrire à des augmentations de capital, ce que vous faites sans hésiter, convaincu par l’ardeur de chacun au travail et la bonne marche des opérations. Ce sort, vous le partagez avec environ dix mille de vos collègues, qui comme vous ont acquis des actions Fortis au fil du temps.

Vous êtes dans l’arène de la concurrence quotidienne entre les banques et vous donnez le meilleur de vous-même. L’achat d’ABN AMRO n’a rien à voir avec votre travail. Vous ignorez tout de la constitution très rapide d’un portefeuille de crédits structurés par un groupe de jeunes loups de la finance avantageusement rémunérés, qui, au printemps déjà, ont quitté le navire en perdition.

Et soudain, c’est la dévissée financière.

Le démantèlement de la banque, que préfigurait déjà son logo, s’accomplit au pas de charge. Vous ne pouvez qu’assister aux événements.

Le vendredi 26 septembre, vous rassurez encore vos clients sur la solvabilité de la banque et sur sa position en liquidités ; le dimanche 28 septembre, elle est en partie nationalisée. Le vendredi suivant, le 3 octobre, vous espérez une reprise pendant la matinée mais, dans la soirée, vous entendez que le gouvernement néerlandais a nationalisé la partie néerlandaise du groupe pour éviter la ‘contagion’ par la partie belge. Et là encore, vous espérez que la partie belge saine tiendra le coup.

Le dimanche 5 octobre, vous êtes bradé à BNP Paribas.

Le mardi 14 octobre, comme vous aviez commencé à le soupçonner, il apparaît que le gouvernement vous a refilé une action sans valeur et qu’il a utilisé la crise pour acquérir en partie sur votre compte, un paquet d’actions de BNP Paribas.

Que de coups de théâtre !

Vous vous sentez abusé et trompé par votre propre management et de surcroît plumé par le gouvernement.

Vous êtes maintenant appauvri de plusieurs dizaines, voire de centaines, de milliers d’euros.

Vous êtes en première ligne face à la colère des clients auprès de qui vous avez défendu les mensonges du management et vous êtes la risée lors des réunions entre amis.

Peut-être n’osez-vous pas révéler à votre partenaire combien vous aviez réellement investi dans Fortis ou, plus grave encore, votre partenaire travaille aussi chez Fortis.

Dans le pire des cas, vous pouvez désormais craindre pour votre emploi car, après l’intégration, BNP Paribas ne continuera certes pas à payer deux fois pour toutes les fonctions de support centrales.

Avec vos actions, vous pourriez peut-être encore acheter un timbre-poste pour envoyer une lettre de plainte. Mais à qui ?

Et pourtant, vous restez à la banque.

Jour après jour, vous vous excusez auprès des clients pour des choses dont vous n’êtes en rien responsable et vous continuez à les servir mieux que jamais. Vous calmez l’inquiétude et la colère des déposants, qui n’ont peut-être pas perdu un cent, alors que vous, vous êtes quasi fauché.

Encore tout étourdi par le choc, vous poursuivez vos efforts. Et s’ils s’avèrent efficaces, ils ne sont guère payés par une plus-value de vos actions, qui sont désormais aux mains du gouvernement.

Vous détenez des parts d’une ‘structure de défaisance’ qui contient pour l’essentiel un paquet de crédits non financés de qualité incertaine et une entreprise d’assurances internationales, dont vous n’avez rien à faire. En fin de compte, vous faites partie des sauveurs de la banque.

C’est la dépréciation de vos actions qui a, dans une certaine mesure, financé la recapitalisation de Fortis Banque, bien que personne ne vous en ait demandé l’autorisation.
Cher Employé Fortis, je salue votre dévouement.

Vous méritez une statue pour votre engagement, votre persévérance, votre courage et surtout votre loyauté dans les bons comme dans les mauvais jours.

Cher Lecteur, la prochaine fois que vous vous rendrez dans votre agence Fortis, ne maltraitez pas les employés qui vous serviront. Témoignez-leur de la compassion. Ce sont eux qui tiennent la banque, alors qu’ils sont plus victimes que vous. Et si vous l’osez, embrassez-les.

Koen Schoors, professeur d’économie à l’Université de Gand.

19:04 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

18.10.2008

Ceci n'est pas Fortis

Bonjour,

Au pays du surréalisme, nous ne sommes plus à un paradoxe près.

En observant un peu les réactions sur divers forums et le nombreux courrier reçu, il en est une qui m'a fait prendre conscience que une grande confusion règne actuellement autant dans le public que dans les médias eux-mêmes.

Même si le mouvement a un peu tendance à s'inverser ces derniers jours, nombreux sont encore les gens -- y compris les journalistes -- qui confondent :

  • FORTIS BANQUE, ou FORTIS ASSURANCES, leur personnel et leurs enseignes
  • et le groupe FORTIS SA/NV , parfois appelé aussi FORTIS HOLDING, et son action.

Comme je sais que ce modeste blog est fort suivi, je pense que c'est un bon endroit pour résumer la situation de façon simple et claire, afin qu'il n'y ai plus d'amalgame.

Les deux premières notions, à savoir FORTIS BANQUE -- incluant aussi l'enseigne FINTRO -- et FORTIS ASSURANCES ou FORTIS AG sont des marques commerciales.

Ces sociétés distinctes ont été sorties du groupe FORTIS SA/NV auquel elles appartenaient et sont à présent dans le giron du groupe français BNP PARIBAS.

La seconde notion -- FORTIS SA/NV ou FORTIS HOLDING -- reste une structure à part entière, cotée en bourse, et comprenant des activités d'assurances internationales, du cash et un portefeuille de produits douteux, mais qui n'a plus rien à voir avec les marques que vous connaissez.

 

Ce qui est un peu déstabilisant, c'est qu'il faut bien comprendre que lorsque vous voyez le cours de l'action Fortis qui s'effondre en bourse, cela ne concerne que le groupe FORTIS SA/NV, et n'a strictement plus rien à voir avec les enseignes FORTIS BANQUE ou FORTIS AG.

Donc, lorsque dans les informations, vous entendez parler des cours de bourse des valeurs bancaires et que l'on regroupe dans le même panier -- si j'ose dire -- les actions KBC, DEXIA, ING et FORTIS, ce n'est pas correct du tout, car cette action FORTIS n'a plus rien à voir avec une action bancaire.

A l'instar de ce qui est déjà fait aux Pays-Bas et au Luxembourg, une décision devra nécessairement être prise par le groupe BNP PARIBAS pour changer les marques commerciales des réseaux bancaires et d'assurances afin de mettre fin à cette confusion.

Mais on peut supposer que BNP PARIBAS attend une conjoncture quelque peu plus favorable pour ce faire.

 

Donc, pour résumer encore, soyons clair:

L'action Fortis peut complètement se casser la g..le en bourse sans que cela aie le moindre impact sur les banques ou assurances arborant encore la marque Fortis.

Inutile donc de vous précipiter pour retirer vos économies sous prétexte que l'action Fortis dégringole....

 

Y'a pas à dire, avec cet imbroglio à la belge, c'est Magritte qui doit se marrer...

Bon week-end.

09:39 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |  Facebook |

11.10.2008

Points de suspension....

Bonjour,

Voilà.

Deux semaines viennent de s'écouler, deux semaines qui resteront à jamais gravées dans notre mémoire, personnel de Fortis.

Finalement, en relisant mes textes successifs, je réalise que jamais nous n'aurions imaginé il y a un mois que le paysage de notre emploi et même de toute l'économie belge allait changer à ce point.

Mais bon, voilà: l'affaire est faite.

Nous travaillons maintenant pour un très grand groupe européen, et professionnellement, il y aurait apparemment de la place pour tous dans cette nouvelle aventure.   Et c'est tant mieux, car un climat de sérénité est nécessaire pour que nous puissions travailler et donner le meilleur de nous-même.

Faisons confiance à notre nouvel employeur, et oeuvrons tous à un but commun.

On a tous une petite appréhension en nous rendant chez le dentiste, et finalement, ca ne se passe pas si mal, et on se dit après qu'on s'est inquiété pour rien.  Il pourrait en être de même aujourd'hui.

Plutôt que de me redire ou de verser dans les souvenirs, et comme je pense que nous devons maintenant aller de l'avant pour réussir ce nouveau grand défi, je vais laisser ce blog en suspens.   Et donc, à moins d'une nouvelle actualité brûlante, je ne m'exprimerai plus ici.   Il restera néanmoins en ligne afin de servir de témoignage que nous relirons peut-être dans quelques mois ou quelques années.  Et le flux RSS restera actif pour vous signaler d'éventuelles mises à jour.

Sorte de chronique d'un membre du personnel ordinaire,  dans laquelle se sont apparemment retrouvés beaucoup d'entre vous, à en croire les innombrables mails que j'ai reçu dans la mailbox créée à cet effet -- à ce jour, en deux semaines, 869 mails venant de 788 personnes différentes, pour la plupart, membres du personnel de Fortis; c'est tout simplement énorme -- en plus de vos réactions directement sur ce site.

Nous avions, je pense, tous besoin de nous retrouver pour exprimer ensemble nos angoisses, nos craintes.  C'est profondemment humain, et je pense très sincèrement que cela nous aura tous soulagés de voir nos angoisses ainsi partagées.

Au final, je retire de cette expérience un bilan positif, car je suis également convaincu que nous avons montré que nous sommes une grande famille, et je pense aussi que cela profitera à notre employeur à qui nous devons accorder notre confiance et envers qui nous restons loyaux.

Je nous souhaite à tous de réussir chacun individuellement, et tous ensemble au bénéfice de notre nouvelle société.

Merci à tous d'exister, de vous être exprimés, de nous avoir encouragés, ou simplement de nous avoir lu.

Et pour finir, je remercie Biglodion qui nous fait l'honneur d'une de ses célèbres petites annonces qui firent les délices de notre intranet avant de faire celui de l'internet -- je la recopie ici pour éviter qu'elle ne disparaisse au fil des commentaires -- .

 

10-10-2008 @ 23:07:54

Cherche un pneu.

Fortis - Dexia, Dexia - Fortis, Fortis - Dexia, en fonction de ce que disait la radio. En une semaine, j'ai fait le trajet une dizaine de fois. Et toujours en liquide, en petites coupures. C'est un truc que j'ai vu dans un film de gangsters pour ne pas être reconnu. Les agences Fortis et Dexia ne sont pas sur le même trottoir et, pschiiit, ce fut l'agonie du pneu avant de ma brouette contenant mon liquide en petites coupures en voulant prendre une bordure de trottoir de face. Je cherche un pneu avant de brouette résistant aux bordures, noir de préférence et increvable. D'avance merci.

Biglodion
http://colsclaude.skynetblogs.be

 

09:22 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |  Facebook |

10.10.2008

Nouveau Fortiomas

Bonjour,

Ouf ! Encore une semaine qui se termine, et aïe aïe aïe.... que nous réservera ce week-end ?

Rien j'espère !  On aurait vraiment besoin de se relaxer un petit coup, là....

D'abord, encore merci à tous et toutes d'être là.  C'est chouette d'avoir pû établir un dialogue constructif avec vous.   On se sent dans une vraie famille, on est tous ensemble, et c'est bien !  C'est très motivant !

Quelques réponses succintes à vos commentaires et vos mails:

@TKParis,

Bienvenue parmi nous ! 

Effectivement ce que tu évoques -- on peut se tutoyer, entre collègues ? -- est un scénario possible dont j'ai eu vent aussi.   BNP Paribas, et cet avis semble généralisé, n'a effectivement pas la réputation d'être un ogre en matière sociale qui dévore tous les petits employés sur son passage.

J'ai effectivement aussi entendu que, dans toute la mesure du possible, une grande place était réservée à l'humain au sein du groupe.  Je m'en réjouis -- comme nous tous -- et j'appelle de tous mes voeux à une intégration où chacun puisse trouver sa place, à la mesure de ses compétences, et de sa bonne volonté aussi, car pour réussir, l'union doit être voulue par les deux parties en présence.

J'ai reçu un mail hier soir (un seul, mais c'est déjà ça), d'un collaborateur de BNP Paribas à Paris, qui se voulait très rassurant pour le personnel belge de Fortis.   Il ne s'exprime évidemment pas au nom de la Direction du groupe, mais uniquement -- tout comme moi -- en son seul nom personnel, mais il pense vraiment que nous ne devons pas trop nous inquiéter.  Les licenciements secs ne semblent effectivement pas être de mise dans la culture de l'entreprise, et il y a toutes les raisons pour nous, personnel des agences ET des entités centrales en Belgique de ne pas paniquer, et d'oeuvrer dès à présent dans le bon sens: servir nos clients, surtout, et mettre tout en oeuvre pour réussir au mieux les défis qui se présentent à nous aujourd'hui.

Voilà qui est plutôt rassurant.

Parallèlement à cela, j'ai appris aujourd'hui que deux de mes collègues envisageaient de quitter Fortis Banque pour d'autres cieux...  ce qui va dans le sens du commentaire de "Tedine".

Tedine, -- vous êtes néerlandophone; bravo pour votre connaisance parfaite du français, et merci d'être là --  c'est dommage de partir.   A mes collègues, je dis la même chose: il ne faut pas agir dans la précipitation et la panique.   Tedine, dans votre cas, étudiez bien les conditions de départ qui vous seraient éventuellement proposées en cas de licenciement (voir intranet ou votre délégué syndical).   A votre âge, ne pensez-vous pas qu'il pourrait être intéressant d'attendre que l'on vous fasse une proposition d'ici un an ou deux ?  Cela pourrait être intéressant, non ?

Et puis, à tous et toutes, surtout, attendez un peu de voir comment les choses vont évoluer...

Je sais, j'ai été moi-même très paniqué en apprenant le rachat par BNP (voir mes textes précédents : ils restent en ligne en guise de témoignage...), mais finalement, peut-être qu'il y a là des nouvelles opportunités.   Peut-être que finalement, ce n'est pas une mauvaise chose, et qu'il y a moyen de se repositionner.  Peut-être, de trouver un autre poste plus intéressant, ou simplement de conserver sa place actuelle....

Une fois l'émoition retombée, l'optimisme peut refaire surface.

Peut-être que l'aventure Fortis peut devenir l'aventure "BNP Belgique".

Peut-être que ce grand projet dans lequel nous croyions tous est encore là, simplement sous un autre nom.

Peut-être qu'on vient juste de faire un pas en arrière pour mieux se relancer.

Et pourquoi pas, après tout ?

Et si on décidait d'y croire ?

Et si on décidait de s'y mettre ?

Les chiffres sont là: nous avons pû garder une base solide de clients.   Et nous, personnel de Fortis, sommes toujours aussi compétents qu'il y a deux semaines.

Notre salaire a été versé, la société a respecté tous ses engagements vis à vis de nous jusqu'à présent.

Parce qu'elle a besoin de nous, oui, mais aussi parce qu'elle nous fait confiance.

Et puis, les temps ont changés: Filip Dierckx a remplacé Jean-Paul Votron. Et ça, croyez-moi, c'est plutôt une bonne chose pour le personnel.

..... Allez....  On y va ?   On lui fait confiance aussi, à notre "new Fortis" ?   On lui accorde le bénéfice du doute ?   Pourquoi pas ?

Moi, je m'y engage volontiers.

Vous me suivez ?

 

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Les "Fortiomas".....

Inutile de présenter cela à un PFB !  On a assez rit avec ça....

C'était une initiative lancée sous l'ère Votron, à l'époque où Fortis avait beaucoup de pognon à distribuer à des consultants en communication, coachs d'entreprise et autres "spécialistes", pour tenter de nous inculquer une sorte de culture d'entreprise artificielle dans laquelle nous étions tous censés nous retrouver, et y trouver de la motivation pour en faire encore plus... -- sans pour autant gagner plus -- ...

Toute une série de gadgets en plastique avec des slogans aussi vides de sens que remplis de banalité nous ont été distribués en ce temps-là, et des collègues imaginatifs (ils se reconnaîtront, car ils sont plusieurs à me l'avoir envoyé) m'ont donc envoyé ce nouveau "Fortiomas" créé spécialement pour l'occasion....

fortiomas

 

Un petit sourire de temps en temps, c'est bon pour le moral.... n'est-ce pas ?

A bientôt et bon week-end.... en espérant qu'il soit vraiment plus calme, cette fois-ci.

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Mention particulière à nos représentants syndicaux qui ont eu la sagesse de ne pas se placer d'emblée dans une logique de conflit, mais qui ont jusqu'à présent privilégiés l'écoute et le dialogue.

Merci à eux et bonne chance pour la suite.

21:02 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |  Facebook |

09.10.2008

Réponses

Réponses aux très intéessants commentaires récents de Biglodion et de Crol

@Biglodion,

Je connais ton second degré, mais je ne te suis pas bien, là....  Je ne souhaite pas la disparition des CDD ou des intérimaires ...   Pardon si c'est cela qui est compris, car j'ai du très mal m'exprimer dans ce cas.
Je n'ai peut-être pas assez développé ce point, mais ce que je voulais dire n'était qu'une constation.  Des externes sont déjà partis, parce qu'ils avaient des contrats pour un mois voire une semaine et que ceux-ci n'ont pas été renouvelés.  Cela ne veut pas dire non plus qu'il sont au chomage, puisque, à moins d'être indépendants, ils sont salariés d'une entreprise et sont donc assez rapidement recasés ailleurs... et c'est tant mieux pour eux.
La réalité du terrain veut simplement que du point de vue d'un employeur, il est toujours plus simple de mettre fin à un contrat d'un externe qu'un interne.   C'est juste un fait, connu de tous, y compris des externes eux-me^mes qui acceptent ce risque, et sont d'ailleurs rémunérés en conséquence.
Mais, encore une fois, pardon si je me suis mal exprimé, mais pour moi, un travailleur est un travailleur, et aucune perte d'emploi ne me fait plaisir ! 

@Crol,

Comme je suppose que ING Belgique a une structure juridique basée en Belgique, je suppose que leurs activités bancaires belges sont donc couvertes par le fonds de garantie belge.  Mais je vous conseille de vous renseigner directement chez votre agent ING ou sur leur site internet.

Concernant les risques pris par les investisseurs en actions, je suis d'accord avec vous: quand j'achète une action, je sais très bien qu'en cas de faillite, je me retrouve juste avec une jolie feuille de papier -- bien que même ce petit plaisir me soit ôté depuis la dématérialisation....-- (humour !).  

C'est un risque que j'accepte sans aucun problème, et vous remarquerez que je ne me plains pas du tout, à titre personnel, des pertes -- pourtant bien lourdes, croyez-moi -- que j'essuie sur le reste de mon portefeuille.

Là où cela devient discutable, c'est que en l'occurence du cas Fortis, il n'y a pas eu aveu de faillite.   Mais la nature meme de l'action Fortis a complètement changé, et ce sans concertation de l'actionnaire. Ce n'est pas pareil du tout, et tout bonnement illégal.
J'estime effectivement qu'à juste titre l'actionnaire se sente floué dans cette opération.

Vous achetez une maison, et pendant le week-end, l'Etat vient vous démonter votre maison et la remplace par un abri de jardin.  Vous seriez d'accord ?

Cette opération crée un précédent dangereux.  Si ce genre de pratique devait être entériné par une loi, ou si, tout simplement, les actionnaires de Fortis ne sont pas dédommagés, soyez assuré que vous ne trouverez plus nulle part dans le monde le moindre investisseur prêt à mettre le moindre cent dans n'importe quelle société côtée en Belgique, aussi saine soit-elle.

Et l'Economie belge aura tout bonnement cessé d'exister.....

Bonne soirée.

18:24 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

08.10.2008

Qui gagne, qui perd ?

Bon.  Me voilà.  Et pas avec de bonnes nouvelles.
Désolé, mais ce texte sera particulièrement long, car il inclut certains éléments de réflexion surgit au sein de notre personnel, et dont nous n'avons à ce jour trouvé aucun écho nulle part.

J'avais écrit un premier jet de ce texte, mais il était trop long et contenait trop d'éléments émotionnels.  Je l'ai donc revu, abrégé, et rendu un petit peu plus objectif.
J'en ai également retiré un certain nombre d'éléments ou de questions qui ont trouvé réponse entretemps.

Quels sont donc les impacts du rachat de Fortis par ABNAmro pour les différentes parties impliquées ?

1°) Les clients-épargnants:  Pour eux, jusqu'à maintenant rien ne change.  Les produits et services fournis par Fortis restent tels quels.   Nous craignons cependant à terme (mais pas avant plusieurs mois), des modifications de tarification et de taux.   Mais ce devrait être le cas de toute façon pour toutes les banques....
Concernant les dépôts, c'est l'Etat qui les assure, et le plafond vient d'être relevé à 100.000 EUR par personne et par banque.   Mais vu que BNP est une société française, il est possible qu'il faille se tourner vers la France en cas de faillite.  Mais tout dépendra des structures juridiques qui vont être mises en place.   Wait and see..
La solidité de BNP Paribas devrait de toute façon contribuer à rassurer les clients à cet égard. 
A surveiller néanmoins les tarifications qui, si elles s'alignent sur celles pratiquées par BNP en France, risquent de faire plutôt mal : par exemple 0.50 EUR par virement, ou un taux de compte épargne nettement inférieur.
Tant que BNP accepte de considérer les particularités du marché belge, cela ne devrait néanmoins pas arriver chez nous.

2°) Les clients-investisseurs: Pour les obligations Fortis, tout dépend de l'émetteur.  La plupart passent sous la garantie de BNP Paribas.  Pour certaines, ce n'est pas le cas.  Il vaut mieux se renseigner auprès de son agence pour en savoir plus.   Pour les fonds (sicavs) et fonds de pension, pas de soucis non plus à avoir.  Mais bien sûr, leurs valeurs ont beaucoup baissé.  Ceci n'est pas une conséquence du rachat de Fortis par BNP, mais bien de l'impact de la crise mondiale sur les valeurs constituant le fonds.   Comme pour les actions individuelles, si vous n'avez pas besoin de cet argent pour remplir votre frigo, autant les conserver en attendant des jours meilleurs.   En restant conscient que, plus que jamais, il s'agit ici de visée à -- très -- long terme.

3°) Les actionnaires Fortis.  Le sentiment général est d'avoir été spoilé.  D'une action de bon père de famille, les petits porteurs détiennent en fin de compte un titre vidé de sa substance et sans réelles perspectives de croissance.   L'aspect légal de l'opération fait toujours débat, et plusieurs actions en justice se mettent en place.  Et avant de cracher sur les boursicoteurs, il faut quand même préciser que le petit épargnant qui achète 50 ou 100 actions fortis à 15 EUR n'est pas vraiment un spéculateur.  C'est juste, effectivement, un bon père de famille qui, en toute connaissance de cause achète un titre risqué, mais pas trop.   De plus, le personnel de l'entreprise qui croit en l'avenir de sa société et participe à des plans d'actions n'est pas non plus un spéculateur.   D'ailleurs, Fortis n'est pas la seule société cotée en bourse à avoir proposé, à un moment ou à autre, une participation au capital pour son personnel.   A l'heure où il est de bon ton de parler de "participation citoyenne" ou de "citoyennenté participative" -- il faudra d'ailleurs m'expliquer la différence -- il serait malvenu de critiquer cet état de fait.  Cela constitue bien souvent pour le personnel une réelle opportunité, et pour l'employeur, un moyen efficace pour motiver son personnel en le faisant participer au résultat.
A cet égard, le personnel Fortis est doublement mal lotti par rapport à ces plans d'action, car, les derniers qui ont eu lieu en 2003 et 2004 sont toujours en période de blocage de 5 ans.  Les membres du personnel qui disposent de ces titres ne peuvent donc pas encore les vendre avant -- vous apprécierez l'ironie de calendrier -- novembre 2008 ou novembre 2009. Dommage pour ceux qui auraient voulu revendre l'année passée.
Enfin, en principe, le personnel de Fortis ne peut pas entamer d'action judiciaire envers son employeur, car ce serait une cause de rupture de contrat.  Néanmoins, les actions judiciaires dont on parle en vue de défendre les actionnaires semblent plutôt viser les Etats.  A cet égard, les PFB peuvent, en principe, également y participer.   Je ne m'exprimerai pas sur l'opportunité ou non de participer à ces actions judiciaires. 

4°) Le personnel et l'emploi: Il faut clairement distinguer les deux catégories de personnel qui ne seront pas logées à la même enseigne.  D'abord, le personnel en agence.
On l'a dit et répété: pas de soucis pour eux, car BNP ne dispose d'aucune agence commerciale en Belgique.  Donc pas de doublons.  Cependant, ne pas se laisser endormir: en France, on compte en moyenne 1 agence bancaire pour 70.000 habitants.  En Belgique, nous en avons actuellement environ 1 pour 10.000 habitants.  Il ne faut pas être grand clair pour voir qu'il y aura là, en temps utile, un énorme potentiel d'économies.
Pour les entités centrales, c'est clair, le bain de sang social redouté aura bel et bien lieu.   Je ne veux pas semer la panique en donnant des noms de départements, mais -- et c'est la seule logique qui dicte ce raisonnement -- il y a énormémement de structures qui sont en doublon de celles de BNP.
Ca a d'ailleurs déjà commencé: Le Soir écrivait que lundi déjà, des collègues de BNP étaient déjà présents dans certains départements de notre siège bruxellois pour établir les modalités de leur démantelement.
Mais, aussi longtemps que l'Etat belge détient sa minorité de blocage au CA, en principe, il pourrait s'opposer à tout licenciement.   En principe.
D'autre part, nous avons encore notre garantie de non-licenciement.  Mais celle-ci expire le 31 décembre 2009.
Un avis général que j'ai recueilli -- et que je partage -- est que l'Etat ne lâchera pas ses 25% avant les élections régionales, et s'arrangera pour ne pas avoir trop de licenciements d'ici-là: ca ferait effectivement mauvais genre que des licenciements massifs aient lieu juste avant le scrutin du 9 juin 2009.
Une fois ce scrutin passé et la garantie de non-licenciement arrivée à expiration, en revanche, il faut s'attendre au pire.   Une estimation optimiste donne 5000 pertes d'emploi d'ici à 5 ans, soit la moitié du personnel des services centraux.
Mais ce sera certainement progressif, pour ne pas trop susciter de remous dans les médias, ce qui porterait préjudice à l'image de la Banque et des politiques impliqués dans ce dossier.
Il reste enfin aussi le spectre des renégociations de contrat.

Immanquablement, tout le personnel de Fortis sera invité à signer un nouveau contrat de travail avec son nouvel employeur.    Nous craignions qu'à cette occasion, certaines conditions de rémunération ne soient revues à la baisse, ou certains avantages perdus.

Mais il faut avoir confiance en nos syndicats qui veilleront au grain, et nous informerons en temps et en heure.

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L'ambiance dans les services centraux cette semaine est très étrange.   Une sorte de gueule de bois généralisée.   Comme quand on juste en train de se réveiller après un rêve particulièrement atroce.
Il y a beaucoup d'angoisse et d'inquiétude.  La motivation du personnel est proche du zéro absolu.  Certains se sentent déjà poussés vers la sortie et envisagent de prendre les devants.   D'autres attendent simplement.  Dans certains départements, les contrats de certains contractants externes ont déjà pris fin.
Nous sommes suspendus à la moindre information, à la moindre rumeur.
Certains collègues semblent supporter cette tension mieux que d'autres, mais je pense pour ma part que bien souvent, la peur est cachée, masquée parfois par une bonne humeur expansive inhabituelle.


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Ma démarche est simplement citoyenne, et je ne veux pas me substituer aux syndicats qui doivent toujours rester vos interlocuteurs privilégiés, ni nuire d'aucune façon à Fortis ou BNP ou qui que ce soit d'autre.  

Bonne soirée à tous, et merci à tous et toutes pour votre soutien.

18:46 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |  Facebook |

Questions



- L'accord passé avec la BNP contenait-il des clauses explicites en matière de protection de l'emploi au sein de Fortis Banque, et si oui, quelles sont-elles ?

- La nationalisation totale de l'entreprise Fortis et sa reprivatisation en des temps meilleurs n'aurait-elle pas été moins coûteuse en termes d'emplois perdus, tout en étant plus profitable pour les finances publiques et les actionnaires ?

- Quels sont, concrètement, les éléments de décision qui ont été déterminants pour arriver à la solution adoptée d'un rachat par un groupe étranger de préférence à une nationalisation temporaire ?

- Pourquoi le relèvement du plafond de la garantie d'Etat sur les dépôts ne fut-il pas examiné dès le début de la crise de confiance envers Fortis alors que de nombreuses voix s'élevaient déjà en ce sens dès l'apparition des premiers troubles, dans le but d'éviter les retraits massifs ?

- Quelles garanties l'Etat belge peut-il apporter concrètement en matière d'emploi dans les services centraux ?  Dans quelle mesure pouvez-vous vous engager aujourd'hui à utiliser votre minorité de blocage pour vous opposer aux licenciements secs ?

- Beaucoup de travailleurs de Fortis disposent de plans d'action assortis d'une période de blocage de 5 ans qui n'arrive à expiration qu'en novembre 2008 ou novembre 2009. Ils n'ont donc pas pû se défaire de leurs titres au moment où il était possible de le faire dans de bonnes conditions.   A ce titre, nous estimons avoir été doublement lésés, et demandons une compensation supplémentaire à celle prévue pour l'ensemble des actionnaires.   Pouvez-vous vous engager en ce sens ?

18:31 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

07.10.2008

Nouvelle enseigne

Bonsoir,

Je ne vous oublie pas !

Je suis toujours en train de rédiger un texte pour tenter d'expliquer les impacts du rachat par BNP.

Je dois effectivement être très prudent dans le choix des mots que je vais utiliser.  De plus, j'essaie de "prendre un peu la température" dans différents départements en utilisant les contacts dont je dispose au sein de la Banque pour tenter d'avoir une vision la plus globale possible.

Je vous le promets à tous: j'ai bientôt terminé.

J'espère pouvoir le mettre en ligne très prochainement (demain soir, peut-être).

En attendant, pour vous faire patienter, je vous livre ici un projet pour la nouvelle enseigne qui ornera nos agences.....  (Merci à "Titine et Chacha" -- ils se reconnaîtront -- pour ce sympathique envoi)

 

Fortriste

 

 

 

19:42 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

06.10.2008

(Attente)

Bonjour,

Ma boîte mail est inondée de mails....  Vous êtes nombreux -- plus de 70 déjà, pour la plupart des autres PFB -- à me demander mon avis.

J'essaie de rassembler mes esprits et les infos.

Je ne voudrais pas me répandre en affirmations fantaisistes, comme je le vois sur la plupart des forums actuellement.

Je vous reviens plus tard dans la journée, probablement.

Dans l'intervalle, svp, ne m'envoyez plus de mails pour l'instant...  merci pour votre compréhension.

09:38 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |  Facebook |

05.10.2008

Week-end d'enfer - Bis

Bonjour,

En quittant mes collègues vendredi, on se disait que cette fois, on aurait enfin un week-end pour souffler un petit peu, après le stress du week-end passé.

Je rentre tranquillement chez moi, j'écris un petit texte sur ce site, et.... je prends connaissance du coup de force du gouvernement hollandais.

Ce qui m'a le plus choqué, le plus blessé, ce sont les propos du ministre hollandais de l'économie qui prétend avoir pris les meilleurs morceaux et laissé les pommes pourries à la Belgique.

Je peux vous dire, qu'en interne, étant fréquemment appelé à travailler directement avec mes (ex-)collègues de Fortis NL, je me demande maintenant bien comment ils vont faire pour se débrouiller sans nous.

Car, effectivement, pour de nombreux aspects opérationnels, les hollandais dépendaient entièrement des "pommes pourries" que nous sommes.

Mais alors là, vraiment totalement.

J'ai réçu un très intéressant mail ce matin d'un collègue de l'informatique qui m'expliquait en substance -- je ne peux évidemment pas entrer dans les détails pour des raisons évidentes de confidentialité -- que pour de nombreux aspects informatiques, leur dépendance est totale.   Si l'informatique devait couper les liaisons vers la Hollande, plus rien ne pourrait tourner chez eux.   Mais vraiment plus rien du tout !   Il se demande d'ailleurs comment cela va se passer, car la Hollande n'a aucun moyen de démarrer les agences ou le pc-banking sans les systèmes informatiques belges.

 

Pour le reste, vous connaissez déjà mon avis sur un éventuel rachat, et savez dès lors que personnellement, afin de garantir au mieux les intérêts conjoints des clients, du personnel et des contribuables belges, une nationalisation à 100% est la seule issue possible.

Dans tous les cas, les épargnants ne risquent rien, absolument rien.  Les investisseurs en actions, par contre....  

A ce sujet aussi, je condamne vigoureusement les propos choquants de Mr De Callatay ce midi sur le plateau de Mise Au Point "Actionnaires, vous pouvez pleurer"...  Je pense que Mr De Callatay envers qui j'ai du reste beaucoup d'estime a commis là un faux pas dont il devrait publiquement s'excuser.

 

J'ai quelques contacts par mail ou par téléphone avec des collègues, et je peux vous dire que l'angoisse est énorme.   Sans doute encore pire que le week-end passé, car le week-end passé, nous ne comprenions pas très bien ce qui était en train de se passer.

Ce week-end ci nous avons clairement intégré les conséquences possibles pour nos emplois.

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Je profite de l'occasion pour vous remercier tous et toutes: en une semaine, vous étiez plus de 1800 à venir vous intéresser au sort des petits employés de Fortis.  Cela nous apporte énormemment de soutien.  Merci beaucoup.

15:45 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |  Facebook |

03.10.2008

Oncles Picsou

Bonsoir,

Maintenant que la tempête se calme quelque peu, je vais aborder un autre sujet sensible: celui des primes de départ.

Pour ceux d'entre vous qui prennent le train en marche, je pense qu'il est important que nous (re)fassions connaissance, et je vous invite à relire mes premiers textes afin de bien préciser que je ne suis ni délégué syndical, ni directeur chez Fortis, et que j'essaie d'avoir une vision objective de la façon dont nous vivons, au niveau du personnel de base, les évènements actuels.

Ici, je vous livre mon avis, de façon aussi objective que possible, et totalement dépassionnée.

Quand on cite les primes de départ des dirigeants de Fortis ou Dexia ces jours-ci, c'est vrai que c'est, à priori, impressionnant.
Dans l'ordre chronologique:
- Jean-Paul Votron : 1.500.000 EUR
- Herman Verwilst : 5.000.000 EUR
- Axel Miller: 3.700.000 EUR
- Maurice Lippens: 0 EUR

Des voix s'élèvent contre ces montants scandaleux.

On rappelle volontiers qu'un travailleur, qu'il soit ouvrier ou salarié:
- S'il est licencié pour faute grave: n'a droit à rien.
- S'il démissionne: n'a droit à rien, même pas au chômage.

D'autre part, on explique aussi que ces indemnités de départ sont négociées lors de la conclusion du contrat, et que c'est donc tout à fait légal.

Un petit tour sur le site du Soir vous apprendra qu'à l'étranger, les montants pour ces ex-patrons belges seraient dérisoires.  Aux Etats-Unis, un patron qui suitte une entreprise en faillite totale gagne dix fois plus encore.


Mais je crois quand même qu'il faudrait éviter de généraliser et en tout cas, ne pas mettre ces 4 ex-dirigeants dans le même sac.

Je ne commenterai pas le cas de Maurice Lippens, car somme toute, comme il part avec rien... il n'entre pas dans le débat ici.

JP Votron: Je ne veux pas m'acharner, mais bon, il faut quand même bien le reconnaître: c'est un échec total.  Qu'il ai été ou pas la marionette de M. Lippens, finalement peu importe.   Mr Votron est arrivé dans la société en se comparant avec Johnny Halliday qui remplit un stade et justifie ainsi son salaire.   Ses méthodes très "américanisées" ne sont jamais bien passées auprès du personnel, et l'ambiance sociale s'est dégradée de trimestre en trimestre.   Lorsqu'au printemps il reçoit encore une substantielle augmentation, alors que le personnel est saigné pour faire des économies, cela ne passe pas non plus.   Quand un peu plus tard, il réaffiche la haute opinion qu'il a de ses prestations en se comparant cette fois à Justine Hennin (qui ne s'en est jamais remise, la pauvre: elle prenait sa retraite sportive quinze jours plus tard...), la coupe était pleine.
Puis vint l'augmentation de capital surprise de fin juin, et la communication désastreuse qui fut faite.
La démission suivit.....   Autant vous dire que dans mon département du moins, la nouvelle fut plutôt acceuillie positivement.
Beaucoup de personnes au sein du personnel de Fortis garderont un souvenir amer des "années Votron".
Et tout le monde est unanime sur le fait que les indemnités de départ accordées ne sont tout simplement pas méritées, et sont choquantes, après les efforts demandés au personnel.

H. Verwilst: N'oublions tout de même pas que Mr. Verwilst faisait partie de Fortis depuis plus de 10 ans, et que sa fonction de CEO était dès le départ annoncée comme temporaire, le temps de lui trouver un successeur.   Donc, les 5 millions dont on parle ne constitue pas sa prime de départ pour avoir assuré deux mois d'interim au poste de CEO, mais tient compte de l'ensemble de sa carrière.  Ce qui fait que, comparativement à JP Votron, si on réduit la prime aux années d'ancienneté, il reçoit -- ou recevrait -- finalement moins que celui-ci.

A. Miller: Le cas est franchement différent.  La presse, les analystes et même le personnel de Dexia le reconnaissent: Axel Miller était apprécié et n'est responsable en rien de ce qui est arrivé à Dexia.  J'apprends même que le personnel de Dexia a lancé une pétition pour demander sa réintégration.

Il a remis sa démission, car, à ces niveaux de pouvoir-là, c'est un peu la règle tacite à respecter.   Là où, à mon avis, on s'est trompé, c'est lorsque sa démission a été acceptée. 
Evidemment, voyons !   Puisqu'il était un bon dirigeant -- et les plus véhéments qui prétendent le contraire un peu partout sur les forums, ne connaissent visiblement pas la personne qu'ils jugent aussi péremptoirement --, pourquoi le laisser partir ?  Si sa démission avait tout simplement été refusée, on n'aurait pas eu parler de prime de départ pour lui, non ?   Et ses compétences seraient les bienvenues maintenant pour remonter la pente....

Et puis, ce matin, surprise: Axel Miller annonce qu'il ne demandera pas le paiement de ses indemnités de départ.
Preuve s'il en est que l'homme a le sens de l'honneur: Ses 3 millions, ils sont betonnés dans un contrat.  Personne, pas même le premier Ministre, ni même une Ministre française ne peuvent s'opposer à leur paiement. 

S'il y avait -- comme on l'a dit -- une clause qui conditionnait le refinancement de Dexia (pour la partie de l'intervention exécutée par la France) au non-versement de ses indemnités à Miller, cette clause est abusive et automatiquement frappée de nullité.

Donc, c'est de son propre chef, et dans le but évident de calmer le jeu que Axel Miller renonce à 3.700.000 d'euros.
Et bien, chapeau, Monsieur Miller !  Cette décision force le respect.

Au fond, Monsieur Miller, tout à fait entre nous,.... s'il y a un poste de président disponible chez Fortis.   Ca vous dirait ?

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P.S.: Après la publication de ce texte, j'ai pris connaissance des derniers rebondissements: la nationaliation de la partie Fortis Banque NL et la nomination du nouveau Président.    Je reviendrai là-dessus probablement ce week-end.

P.S.2: Filip Dierckx adresse une lettre au personnel de Fortis.  Voici le lien:

Lettre au personnel de Filip Dierckx 03/10/2008

 

20:32 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |  Facebook |

02.10.2008

La question idéologique

Note:
Aujourd'hui, je vais aborder un point qui touche à l'aspect politique de l'intervention des gouvernements.
Il ne s'agit que d'une réflexion de base, très schématisée, volontairement épurée.  Je n'émets dans ce texte aucune opinion politique personnelle.
Je vous demanderai, dans vos commentaires, de rester aussi sur un plan très général, et surtout de rester courtois les uns envers les autres et de repsecter les opinions d'autrui.
Pour exprimer des opinions politiques qui vous sont propres, je vous demanderai de vous rendre sur des forums publics dont c'est le sujet de base.
Ici, vous vous trouvez sur un site privé, mais qui se veut ouvert à tous.
Je me réserve le droit, bien que j'espère ne pas devoir en arriver là, de supprimer les commentaires que je jugerais indécents, insultants ou simplement hors propos.
Merci pour votre collaboration.



Un aspect que je trouve particulièrement "amusant" dans ce que je lis sur les forums, dans la presse, voire dans les propos de certains politiques eux-mêmes, c'est le débat idéologique qui entoure l'intervention des Etats (en Belgique, mais aussi chez nos voisins) dans les organismes financiers en difficulté.

Quand on se situe plutôt à gauche, on a tendance à dénoncer ces interventions comme une mutualisation de l'échec des financiers, alors qu'en période faste, il n'y a pas de redistribution des richesses engrangées par les mêmes, et les coûts (réels ou exagérés) que ces interventions entraîneront pour la collectivité, c'est à dire, le contribuable.

Vu de la droite, on dénonce assez aisément un interventionnisme exagéré dans les affaires de la finance, et un retour de l'état soviétique (les mots ne sont pas de moi, mais de Didier Reynders.... il y a presque deux semaines de cela).

Tout cela n'est que très classique, au fond.

C'est d'autant plus drôle que pourtant, tout le monde ou à peu près, reconnaît le caractère indispensable de ces interventions dans la sauvegarde aussi bien des intérêts financiers que sociaux, au vu de l'ampleur des remous qu'aurait entraîné la faillite d'un pilier comme Fortis ou Dexia et des conséquences qui n'auraient épargné absolument personne dans ce pays.

On se rend compte alors que aucun Etat au monde n'est prêt -- ni capable -- de digérer un éventuel écroulement de la base des structures économiques.

C'est encore une fois d'une évidence crasse, évidemment, mais ca a l'avantage de recadrer un peu les politiciens dans le rôle qu'ils ne sont pas censés oublier: ils sont quand même là avant tout pour veiller aux intérêts des gens qui les ont élus.

Il faut, je pense, dans le cadre des interventions qui ont eu lieu (et en espérant que maintenant, cela suffira), rendre hommage à nos politiciens.
Eux aussi souffraient d'une grave crise de confiance de la part de la population, après des mois d'errements qui n'intéressaient plus le citoyen en proie à des difficultés économiques quotidiennes de plus en plus importantes.

Il aura fallu la menace d'une possible atomisation de toute l'économie belge et des conséquences potentiellement apocalyptiques (voir mon texte de hier) pour les faire réagir.   Mais dans leur réaction, ils ont pu faire preuve de maturité, et faire fi de leurs querelles partisanes et/ou personnelles pour apporter une réaction à la hauteur du problème.

Des idéologies pourtant opposées à la base ont pu se rencontrer et oeuvrer dans un sens commun.  Enfin ! 

S'ils y sont arrivés, cela prouve qu'un clivage gauche-droite tel celui, -- hautement caricatural, comme l'était mon postulat de départ -- dans lequel on ne cesse de vouloir essayer de tout classifier n'a plus aucun sens dès lors qu'une situation de crise émerge.

Et donc, qu'une politique axée sur la défense d'une idéologie par l'opposition à une autre n'a plus de sens aujourd'hui.  La recherche du bien de tous est le seul avenir possible.

Maintenant, je ne dis pas que la gauche égale la droite ou vice-versa (car contrairement aux mathématiques, en politique, l'égalité ne jouit pas de la propriété de symétrie), je dis juste que dans une situation nécessitant une réponse politique, le compromis visant l'intérêt commun reste à la base de tout.

De TOUT.   Comme disait l'autre, tout est dans tout, et inversémment.  (Tiens, revoilà la symétrie....)

Joëlle, Marianne, Didier, Elio, Bart S., Yves : souvenez-vous en s'il vous plaît !


Vision naïve des choses ?   Peut-être bien.   Mais bon voilà, c'est ma perception, en tant que citoyen lambda.

Merci de ne pas en faire le point de départ d'un torrent d'insultes....

 

19:31 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |  Facebook |

01.10.2008

Ceci est une fiction.

En lisant entre les lignes et en entendant certaines infos lâchées un peu sans y faire trop attention dans le Mise au point spécial de hier soir, je me suis imaginé le scénario suivant.

Attention, ceci n'est que pure fiction.   Les noms des protagonistes ont été changés afin de préserver leur anonymat.

Imagineons qu'un ensemble de méchants financiers sans scrupules se seraient mis d'accord pour cibler des proies dans le milieu financier lui-même, les affaiblir en leur coupant les liquidités, et venir les racheter en pleine tourmente à prix plancher.

Leur choix se porte rapidement sur deux banques, F. et D., basées dans un petit pays en proie à des difficultés politiques et à une quasi-vacance du pouvoir.

La Banque F. aurait vu ses accès aux liquidités réduits puis coupés depuis un certain temps déjà, et vivait sur ses fonds de caisse.

Et (très sérieusement), la fin du mois approchant, la Banque F. ne voulait pas (n'aurait pas pû) se permettre de ne pas payer son personnel.

D'où une intervention (planifiée depuis une quinzaine de jours) du gouvernement, tout juste débarassé d'un embarassant problème, et de ses collègues des pays voisins où la banque F. est présente.

Qui peut effectivement croire à ce moment-là que trois gouvernements de trois pays distincts puissent, en quelques heures, un week-end de surcroît, s'entendre sur une intervention dans le capital de la Banque F. ?

Les gouvernements étaient donc sans aucun doute au courant, les montages financiers pour ainsi dire prêts dans leur poche, mais attendaient le dernier moment (= le dernier week-end du mois -- càd 48 heures sans cotation -- pratique pour éviter une hasardeuse suspension des échanges) pour finaliser l'opération si la Banque F. ne réussissait pas à trouver du cash entretemps.

Dans le cas d'une non-intervention, et dans mon scénario-catastrophe, l'histoire aurait pu être la suivante :

- lundi et mardi, poursuite de la baisse du cours
- personnel pas payé le 30 du mois.
- personnel pas content le 1er du mois.
- vu les prochaines négociations sociales, groooosse colère des syndicats,
- articles de presse,
- interrogations des épargnants, et très vite, groooosse panique
- files kilométriques aux guichets et retraits massifs,
et avant ce vendredi, tout le personnel de la Banque F. inscrit à l'Onem.


 ==== SAUF....   =====

sauf que bien vite, le loup serait sorti du bois: "Attendez, je vais sauver la Banque F.....  1.60 EUR par action, ca vous va ?"

Et là, sans autre choix possible à ce moment-là, l'affaire aurait été faite.
Bain de sang social et tutti quanti.....

Oui, je sais,... une fois de plus, ca pue la parano et la théorie du grand complot n'est jamais bien loin, mais pourquoi pas, après tout ?

Est-ce tellement  irréaliste de le penser ?
Dans le climat de méfiance actuel, avec les émotions à fleur de peau dans cette crise des subprimes qui n'en finit pas de ne pas finir, il suffisait de très peu pour mettre le feu aux poudres.  Quelques rumeurs bien senties de-ci de-là pendant les vacances parlementaires, s'assurant ainsi une couverture parfaite par une presse en manque de sujets,... il n'en fallait pas plus.

Quand on voit la "moralité" qui sévit dans certains milieux financiers, en particulier depuis le début de la crise des subprimes, moi je me dis qu'il y a des gens (du petit trader qui joue à découvert aux hedge funds, en passant par tous les intermédiaires) prêts à tout pour ne pas sombrer ou, au contraire, pour profiter de toute opportunité, quitte à les provoquer.


Je pense qu'on n'est pas encore au bout des révélations.
On entendra sans doute aussi beaucoup de co**eries dans les prochains jours/semaines/mois (et ma théorie en fait peut-être partie, je l'admets bien volontiers), mais peu importe: quel que soit le gros scandale qui devrait éclater, le mal est fait: le crime aura de toute façon toujours profité à quelqu'un.

Je pense sincerement que l'on vient d'échapper à une groooosse cata (en tant que PFB, actionnaires, épargnants, et... citoyens belges !  car dans ce cas, c'est des dizaines de milliards d'Euros que le gouvernement aurait du trouver pour couvrir les dépôts des épargnants)




Et après ça, Marc Moulin est mort..... 
Et cela n'est malheureusement plus une fiction.
Respect.

 

Merci pour votre lecture, et peut-être à demain.

18:26 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |  Facebook |

30.09.2008

L'oeil du cyclone ?

L'émotion ?  La distraction ?  Je ne sais pas, mais en tout cas, j'ai écris une grosse bêtise hier soir en anticipant un pseudo effet positif de l'adoption du plan Paulson.

Car (pour l'instant), ce ne sera resté qu'un voeu pieux: le plan de sauvetage n'a finalement pas été adopté.

Seconde session: jeudi.

A cette annonce, et après la dérouillée de Wall Street hier soir, on s'attendait à une de ces séances dont on commence à avoir malheureusement l'habitude, et finalement, il n'en fut rien....

Comme quoi, l'irrationalité qui semble avoir pris les rennes des marchés semble toujours être dominante.   Mais dans le bon sens du terme, cette fois.

Mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver, enfin, une jolie petite séance qui se termine en vert pour le Bel-20.

Ca permettra un peu à tout le monde de souffler, après les folles ruades de ces derniers jours.

Nous aurons suivi avec beaucoup d'attention l'actualité entourant Dexia.   Et, disons-le clairement, on a beau être concurrents, on reste néanmoins des travailleurs qui peuvent avoir une pensée pour des confrères à leur tour emportés dans la tourmente.

Que nos amis de Dexia sache que nous comprenons, de fraîche expérience, par quoi ils ont pû passer hier et aujourd'hui.  

Et au fond, ce serait sympa qu'un membre du personnel de Dexia crée aussi son petit site pour raconter sa propre expérience...  En tout cas, si ca arrive, qu'il me contacte: je serais ravi de communiquer avec lui !

 

Alors, notre journée au bureau aujourd'hui ?  Et bien, nous continuons à mesurer l'impact qu'auront les décisions prises ce week-end sur le travail qui nous occupe en particulier dans notre département.   Nous adaptons nos plannings à la nouvelle donne de la revente d'ABNAmro, et nous nous remettons de nos émotions.

La management est là, très présent.  Mais dans le bon sens du terme.   On commence vraiment à ressentir les effets du "changement de style".   La communication interne est franche, précise et éclairante.

On nous explique clairement ce qu'il s'est passé, le pourquoi et le comment, et les détails des opérations réalisées ainsi que leurs implications pour notre travail au quotidien.    Le ton a changé, une certaine arrogance a disparu, à priori, le fruit paraît plus sain.

Ceux d'entre nous qui étaient les plus sceptiques par rapport à cela commencent aussi, petit à petit, à se sentir mieux, et progressivement re-motivés.

 

Donc, voilà.  Fortis, en tant que première banque belge va mieux.

Fortis est relancée.  Sur une nouvelle voie, sans doute.  Avec d'autres moyens, c'est certain.   Et même si, très pragmatiquement, nous savons fort bien que certaines conséquences doivent encore se faire sentir dans le proche avenir (je pense particulièrement aux dépréciations de valeurs qui seront enregsitrées dans les résultats du troisième trimestre qui seront publiés, selon l'actuel calendrier financier le 3 novembre), nous savons aussi qu'à moyen et long terme, l'horizon devrait franchement s'éclaircir.

 

Néanmoins, il demeure une inquiétude de taille: qu'en sera-t-il du reste de l'économie, du secteur bancaire et financier en particulier ?   Là, évidemmment, personne, à l'heure actuelle ne pourra dire de quoi demain sera fait.

Examinez les propos de trois analystes, et vous aurez trois visions différentes: de l'hyper-optimiste qui maintient que le pire est passé et qu'avec le passage à l'an neuf (entendez la publications des résultats annuels de 2008), les derniers cadavres seront définitivement inhumés, à l'hyper-pessimiste qui prédit une nouvelle récession comme dans les années 30, en passant par toute la gamme des modérés.....    On ne sait plus à quel saint se vouer !

 

Une chose est sûre, c'est qu'en ce qui me concerne, en tant que petit investisseur personnel, c'est que j'essaie de rester cohérent : oui, j'ai des actions Fortis, oui, j'ai d'autres titres, actions, sicavs, obligations etc....  et oui, mon portefeuille a perdu beaucoup de sa valeur en particulier ces dernières semaines.

Mais en tant que bon père de famille, je n'ai placé que de l'argent dont je n'avais pas besoin, et en toute connaissance de cause des risques encourus.

A partir de là, le raisonnement est simple: pourquoi vendrais-je à perte pour récupérer de l'argent dont je n'ai pas le besoin immédiat ?  J'attends tranquillement que la tempête passe, et après, on verra bien....

En espérant juste que nous ne soyons pas juste dans l'oeil du cyclone....

Dans un commentaire, Fred, un ancien PFB (Salutations !) a acheté des actions Fortis aujourd'hui.   Je suppose qu'il l'a fait aussi dans la même optique.   Dans ce cas, il a raison de l'avoir fait, et je lui souhaite plein succès.

 

Bonne soirée et probablement à demain !

19:54 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |  Facebook |

29.09.2008

3,967 EUR !

L'enfer !

Vous vous doutez bien que c'était le sujet de discussion aujourd'hui, au bureau....

Alors, j'ai un peu pris la température auprès de mes collègues : comme je l'ai déjà écrit, la nomination de Filip Dierckx est plutôt bien perçue en interne.

Il semble en tout cas avoir réussi d'emblée là où JP Votron a échoué tout du long: il a semble-t-il réussi à capter la confiance du personnel, et même des syndicats qui affirmaient à la presse aujourd'hui que le plan mis en place hier soir était celui qui causerait le moins de dégâts sociaux.

Au moins, si on peut maintenir la paix sociale pendant cette crise, c'est déjà un grand point de marqué !

 

Et puis, il y a les autres : Dexia s'écroule, ING ploie, et KBC s'agenouille.

Tout le monde semble logé à la même enseigne, alors pourtant que l'effet de contagion aurait dû être écarté.

Encore une fois, le marché est devenu complètement fou, et même l'adoption du plan Paulson aux USA n'aura pas eu d'effet positif, ni aux USA, ni chez nous.

Alors, quoi ?

Est-ce tout le modèle qui va se désintégrer ?

D'autant plus que la contagion, si c'en est une, devient générale.  Dans le BEL-20, pas une valeur n'a fini dans le vert...

Que va-t-il encore se passer d'ici à la fin de la semaine ?

Et après tout, oubliez cette dernière question: finalement, je ne suis pas sûr de vouloir le savoir.......

 

 

Dans un commentaire bref mais pertinent, Vincent se demande si ce ne serait pas un coup venu de France ou de la mafia russe....

Comme je n'ai pas envie de finir coulé dans une dalle de béton, je m'abstiendrai de commenter la deuxième hypothèse, mais pour la première, l'idée est effectivement tentante.   Parce qu'en y regardant de plus près, toutes les financières européennes ne souffrent pas autant....  Je vous laisse regarder un peu au sein des grandes capitalisations et vous forger votre propre opinion, à la lumière de certains développements du week-end passé.

 

Pour Jojo: Je ne travaille pas dans le réseau Retail, donc le courrier que vous évoquez, je ne l'ai pas vu.   Pour le reste, je l'ai bien dit: personnellement, je suis heureux et fier de travailler chez Fortis, mais je sais bien que ce n'est pas pareil dans tous les départements.....   Tous les chefs ne se valent pas, et il est clair que dans une aussi grande maison, l'ambiance ne peut pas être au beau fixe tout le temps, partout.  

Maintenant, que ce soit en tant qu'employeur ou en tant que Banque, je conserve ma confiance envers Fortis.  En particulier depuis le départ de JP Votron.   (Au fond, personne n'a de nouvelles ?  Qu'est-il donc devenu ?  )

Et comme je sais aussi être pragmatique, j'ajouterai pour finir que, de toute façon, je n'ai pas trop le choix, n'est-ce pas .....

Merci pour vos encouragements, et probablement à demain soir.

 

Note: Si d'autres PFB lisent ceci, n'hésitez pas à venir vous exprimer, et à faire circuler l'adresse du site parmi les collègues.   A plusieurs, c'est toujours plus chouette.

 

18:45 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note |  Facebook |

L'accord se précise

Bonjour,

Ce matin, j'apprend que les Pays-Bas ont ajouté 4 milliards d'euros à l'escarcelle, ce qui porte la participation des Etats à un peu plus de 11 milliards.

Ainsi, chacun des 3 Etats du Benelux détient maintenant 49% du capital de Fortis sur son territoire.

Voilà qui devrait pour un certain temps nous mettre à l'abri des prédateurs.

 

D'autre part, concernant le remplacement de Monsieur Lippens, on a bien confirmé sa démission, mais rien ne semble encore joué pour déterminer son remplacant.  Il semblerait que l'on cherche un nouveau Président à l'extérieur de Fortis....

 

J'attends avec impatience les premiers échanges sur Euronext pour voir comment les marchés vont réagir après ce week-end pour le moins stressant.

Je vous reviens probablement un peu plus tard dans la journée.

 

Pour votre information, vous pouvez marquer ce site dans votre navigateur à l'aide du bouton "RSS" dans la colonne de droite.   Vous serez ainsi prévenu à chaque mise à jour.  C'est pratique, sûr, et bien entendu gratuit.

07:04 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |  Facebook |

28.09.2008

Un accord en vue

A l'heure où j'écris ces lignes (et après ça, je vais essayer d'aller dormir un petit peu quand même....), la réunion au sommet au 16 rue de la Loi n'est pas encore tout à fait terminée, mais les grandes lignes d'un plan semblent se confirmer.

Je vous laisse visiter les sites de vos journaux préférés pour les détails, mais dans les grandes lignes, je vous livre ici ma première impression sur ces points.

Une OPA de BNP semble avoir été repoussée.

Il faut dire que, au prix ridicule de 2 EUR par action, alors que tout le monde s'accorde à reconnaître une valeur intrinsèque de Fortis à 13 ou 14 EUR par action, tous les actionnaires actuels auraient été largement perdants.

De plus, cet échec de BNP aura, du moins temporairement, pu éviter un bain de sang social.

Effectivement, si cela avait réussi, on aurait pu craindre de nombreuses pertes d'emploi dans les services centraux.  En revanche, les agences auraient probablement été plus ou moins épargnées.

Alors ce qui se dégage pour l'instant tient en trois points :

1°) Participation des Etats belges (4.5 G€), luxembourgeois (2.5 G€) et peut-être néerlandais, pour un total donc d'au moins 7 milliards.   A priori c'est une bonne chose.  Néanmoins, il faudra m'expliquer où les Etats en question vont aller chercher cet argent.   Si c'est dans la poche des contribuables, cela devient assez discutable.   Mais je suppose que la présence au 16 rue de la Loi de JC Trichet et Guy Quaden peut peut-être laisser entrevoir la possibilité d'un prêt aux Etats en question, qui serait par le suite remboursé par la revente progressive de leur participation ?  Enfin, je suppose que les détails seront livrés prochainement.

2°) Rachat probable de ABNAmro par ING:   Comme je l'écrivais plus tôt dans la journée, cela nous ferait une fameuse épine hors du pied.  Fortis récupèrerait ainsi 10 des 24 milliards que l'aventure ABNAmro lui aura coûté.   C'est une perte sèche (merci Monsieur Votron !), mais on y survivra.

3°) On évoque la possibilité du départ de Maurice Lippens, qui serait sans doute remplacé par Philippe Bodson.   Perso, je n'ai pas d'avis sur ce point.   On reproche pas mal de choses à Lippens.  Je ne sais pas, là dedans, ce qui relève des antagonismes personnels, des fantasmes ou de la réalité.  Donc, je m'abstiens de commenter cet aspect.   Mais si ca peut faire du bien à l'image et contribuer à restaurer la confiance, alors je dis "amen".

Au total, au risque de me répéter, je suis plutôt soulagé que l'on ai pu éviter le rachat hostile par la BNP.   D'un point de vue social, en tout cas, c'aurait été une hécatombe.

 

Toujours dans le social, je lis de-ci de-là que les syndicats sont en alerte.

Bien sûr, c'est leur rôle de défendre les intérêts du personnel.

Simplement, je voudrais demander aux délégations chez Fortis d'être ouverts à la discussion et d'éviter des réactions épidermiques qui pourraient mettre en péril le sauvetage de l'emploi.

Je sais qu'en cette période où les négociations sociales passent par une musculation syndicale, l'affaire Fortis offre une occasion rêvée à ceux-ci de se montrer.

Je ne roule pas pour le patronnat, loin de là, mais de grâce, que les syndicats n'oublient pas que si l'accord décrit ici se précise, l'emploi serait préservé.   Ce serait dommage de compromettre cela, maintenant....

 

Allez, bonne nuit à tous, que vous soyez PFB, client ou actionnaire, et.... chers collègues.... n'oublions pas d'aller bosser demain matin.

23:06 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

Détricotage

Oulàlà.... on dirait que vous êtes nombreux à avoir trouvé le chemin vers mon modeste journal.

Je vous remercie d'être là.

Ca fait du bien de voir que le sort des petits employés de Fortis peut vous intéresser.  Merci !

Alors quoi de neuf depuis ce matin ?

Et bien, pas encore grand'chose, si ce n'est que très officiellement, une "solution" sera annoncée avant 22 heures ce soir, heure à laquelle la bourse de Sydney ouvre sa séance.

On parle beaucoup de la BNP et d'ING qui seraient intéressées par un détricotage de Fortis.

Il faut savoir que Fortis est en fait constituée de deux pôles : un pôle bancaire et un pôle assurances.   Les deux sociétés citées seraient chacune intéressée par l'un de ces pôles.

Personnellement, je ne trouve pas qu'un tel détricotage serait à l'avantage de Fortis ou de ses repreneurs : les résultats comptables ont prouvé au fil des ans combien cette dualité banque-assurance pouvait être complémentaire et consolider la société.

Un journal hollandais (le Financieele Dagblad) évoque lui un tout autre scénario: la revente pure et simple de ABNAmro.

Là, je trouve que cela tient parfaitement la route.

Pourquoi ne pas tout simplement prendre le problème à la source (le financement du rachat d'ABNAmro) en le revendant ?

Cela aurait le mérite de ne pas toucher à la structure même de Fortis et à cette fameuse dualité banque-assurance.

D'un point de vue social, cela limiterait sans aucun doute aussi la casse.

Bien sûr, cela se traduirait dans un premier temps par l'inscription d'une perte (la différence entre la valeur d'ABNAmro au moment où Fortis l'a achetée et la valeur actuelle), mais au moins, l'épine serait hors de nos pieds....

 

Encore quelques heures de patience, et nous devrions être fixés.

 

D'autre part, je voudrais revenir sur un commentaire (signé "Jacques") assez alarmiste.   Je voudrais une fois de plus rassurer ce monsieur (et les autres) : il n'y a aucun risque pour vous de perdre vos économies.   Une faillite n'est clairement pas à l'ordre du jour.   Mais comme le sous-entend "Michel V." dans sa réponse: continuer de répandre l'inquiétude n'aidera en rien !

 

Enfin, concernant ma critique de la couverture RTBF du dossier, je tiens à préciser que je n'attaque pas Mme Maleux en particulier.   Je n'ai pas peur d'écrire ici que je suis plutôt client de la façon dont la RTBF traite habituellement l'information, et que je tiens les journalistes de la chaîne en haute estime.

Je voulais juste signifier que ces vendredi et samedi, la vacuité de l'analyse de la situation, et les images faciles de l'inquiétude (légitime) des clients ont entretenu un sentiment d'insécurité à l'égard de Fortis.   C'est dangereux dans le contexte actuel.

Et se repose la question du rôle et de la responsabilité du journaliste quand celui-ci devient lui-même acteur de l'actualité.

Le journal de 13h00 ce dimanche a quelque peu redressé la barre.   Je mets cela à leur crédit.   J'espère que l'édition de 19h30 continuera à retrouver la voie de l'objectivité.

Bon après-midi à tous et à toutes.

 

17:13 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

Les infos du jour

Bonjour,


En réaction aux commentaires et aux informations diffusées par la presse étrangère hier.

Je n'ai pas vu le reportage de France 2 (il n'est pas encore disponible en ligne), par contre, je viens de visionner ceux de Euronews.

Il ne faut pas tout mélanger: Euronews parle d'une banque britannique en difficulté qui va être probablement nationalisée.
Le sujet embraie alors sur la chute du cours de l'action Fortis en précisant bien que cela s'est passé sur fonds de RUMEURS.

Donc, c'est toujours la même histoire : le cours de l'action ne reflète PAS nécessairement la valeur réelle de l'entreprise.   En général, c'est le cas, oui.  Mais ici, nous sommes hors toute logique, et dans l'émotionnel à 100 %.


Une société en difficulté verra automatiquement la valeur de son action baisser, dès lors que ses difficultés soient exposées au grand jour.  L'inverse, qui se produit très rarement, n'est pas nécessairement vrai.


Dans le cas de Fortis, ce sont des rumeurs (et une mauvaise communication de la Direction à ce moment-là) qui ont commencé à faire plonger le titre.

Les éventuels soucis de liquidités, avérés ou non, ne sont pas du niveau où elles entraîneraient un problème de solvabilité.   La nuance est importante, car de simples problèmes de liquidités, tous les managers de toutes les sociétés du monde doivent y faire face tous les jours.

Des problèmes de solvabilité, ca, c'est plus grave, car c'est cela qui peut mener une société vers la faillite.

Et justement, le cas de Fortis s'inscrit dans cette nuance: la solvabilité du groupe est excellente.   Et la faillite n'est donc pas à l'ordre du jour.

 

Donc, rien de neuf sous le soleil, si ce n'est le conseil des ministres restreint qui s'est tenu hier soir sur le sujet.   On devrait en savoir plus dans les prochaines heures.

Bon dimanche.

 

10:00 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note |  Facebook |

27.09.2008

Rôle des médias

J'ai déjà touché un mot sur la façon dont la RTBF traite le sujet.

Un élément supplémentaire vient s'ajouter à ce que j'ai déjà dit.

Ce soir, dans le JT de 19h30, Nathalie Maleux a reçu l'économiste Eric De Keuleneer pour quelques questions sur la situation de Fortis.

Cela vaudrait la peine de retranscrire l'échange, car c'était vraiment symptomatique.

Par trois fois, Mme Maleux a tenté d'orienter les questions sur le sujet d'une faillite de Fortis, et sur ce que les épargnants perdraient dans ce cas.

Par trois fois, Mr De Keuleneer s'est voulu rassurant en précisant de façon très compréhensive qu'il n'y avait absolument aucun risque de faillite chez Fortis.

Et pourtant, la question suivante tapait à chaque fois sur le même clou...

Et en point d'orgue, la question qui tue : Et si tous les épargnants allaient retirer leur argent, cela poserait-il un problème à Fortis ?

 

Habituellement, je suis plutôt satisfait de la façon dont la RTBF traite l'information (au sens large du terme), mais ici, je me demande tout de même à quel petit jeu on joue...

On voudrait tout faire pour couler Fortis qu'on ne s'y prendrait pas mieux !

Visionnez donc cette séquence sur le site de la RTBF, si vous l'avez ratée: c'est sidérant !

 

Je suis particulièrement choqué et blessé par cet acharnement de la RTBF.

A quand une reprise en main du sujet par des journalistes qui connaissent le milieu financier et qui sont capables de comprendre simplement ce qui se passe ?

Je ne parle pas ici de censurer des journalistes sous prétexte que je n'aime pas ce que j'entends, mais tout simplement, ce que j'entends depuis quelques jours sur la RTBF n'est pas un reflet objectif de la situation.  Ce n'est absolument pas digne d'elle.   Ce n'est pas du journalisme !

Reprenez-vous, svp !

 

20:24 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note |  Facebook |

Filip Dierckx

Après la cloture de la bourse ce vendredi, la Direction a annoncé la nomination de Filip Dierckx au plus haut poste de Fortis.

Voici mon avis là-dessus.

C'est clair : je pense que c'est une bonne chose.

Jean-Paul Votron était quelqu'un qui n'a jamais été apprécié au sein du personnel. Son style ne plaisait pas.  L'historique de ses "réalisations" dans les postes qu'il a occupé avant d'entrer chez Fortis a rapidement fait le tour (comme par exemple les dégâts sociaux qu'il a provoqué chez Citibank).

Il a imposé des choses au personnel dont certaines n'ont jamais été pardonnées.

Son départ en juillet fut acceuilli pour le moins .... positivement par le personnel.  Non obstant le révoltant parachute doré dont il a bénéficié au passage.

En en parlant avec mes collègues, beaucoup le tiennent effectivement pour responsable de la mauvaise image qu'il a véhiculé au dehors.

L'intérim de Herman Verwilst -- il faut rappeler que dès le départ, il était clair que Verwilst ne resterait aux commandes que le temps nécessaire à trouver un remplaçant -- fut également une bonne chose.

Enfin, la nomination de Filip Dierckx devrait être perçue très positivement.

En interne, l'homme est apprécié par ses collaborateurs.  Il est décrit comme un bosseur, un dirigeant né, mais toujours juste et intègre.

Certains journaux pointent comme un aspect négatif le fait que Filip Dierckx fasse partie du "sérail" de base de Fortis.

Je pense au contraire que c'est cela qu'il nous faut. 

Il connaît suffisamment les rouages de la Société pour pouvoir reprendre les choses en main dès le premier jour.   Il avait fallu 100 jours à Jean-Paul Votron, venu de l'extérieur, pour dresser un plan d'entreprise.

Dans la situation actuelle, le temps est un luxe que la Direction de Fortis n'a plus. Il fallait donc nécessairement trouver quelqu'un en interne.

Le choix de Filip Dierckx était donc logique.

Dierckx est également suffisamment apprécié que pour pouvoir efficacement actionner tous les leviers nécessaires en interne comme en externe pour veiller aux intérêts de la société, et s'assurer le soutien de tout le personnel.

 

Voilà.   Je ne sais pas encore ce qu'en pensent mes collègues: je le saurai lundi, mais lorsque son nom fut évoqué pour la première fois en juillet lors du départ de Votron, la première impression fut largement positive.

Qu'il sache en tout cas que tout le personnel de Fortis est derrière lui et qu'il a notre avenir entre ses mains.   C'est pas pour mettre la pression, c'est juste pour qu'il ne commette pas les mêmes erreurs que Jean-Paul Votron vis à vis de nous.

Fortis sans ses actionnaires n'est rien.

Fortis sans ses clients n'est rien.

Fortis sans son personnel n'est rien non plus.

Il faut récupérer la confiance de ces trois groupes, monsieur Dierckx.

Nous comptons sur vous !  Voilà comment VOUS pouvez NOUS aider....

18:26 Écrit par Un PFB comme beaucoup d'autres dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |  Facebook |